Du 18 au 22 février 2026, l’Algarve devient la capitale du cyclisme international. Pour sa 52e édition, la Volta ao Algarve ne se contente pas d’attirer les projecteurs : elle les capte, les concentre, et les renvoie sur un homme, João Almeida. Le leader portugais de léquipe UAE Emirates porte les espoirs d’un public tout entier, sur une course réinventée où tactique et explosivité s’entremêlent à chaque virage.
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5 jours de course, 697 kilomètres au total, et surtout une innovation : les « hot spots« . Ces sprints intermédiaires, disséminés sur de courtes distances (1,1 km), offrent jusqu’à 9 secondes de bonification. Un bonus qui peut tout changer au classement, sans même lever les bras sur la ligne d’arrivée.
De Vila Real de Santo António à l’emblématique Alto do Malhão, le parcours alterne plaines piégeuses, ascensions sélectives et chrono individuel. L’équilibre est réussi : chaque type de coureur a sa chance. Mais les favoris n’ont pas le droit à l’erreur. Les « hot spots » promettent des escarmouches dès les premiers kilomètres, forçant les équipes à réfléchir à plusieurs couches de stratégie.

Vice-champion de l’édition 2025, João Almeida revient sur ses terres avec la ferme intention de s’imposer. Sa connaissance du terrain, son sens du placement et sa résistance en montagne en font un candidat naturel au podium, voire mieux. Son équipe UAE Emirates a mis les moyens : trois autres Portugais seront à ses côtés, dans une formation taillée pour peser sur chaque étape.
Sans Jonas Vingegaard, le tenant du titre danois, le champ des possibles s’ouvre davantage. Almeida devra cependant se méfier des baroudeurs ambitieux et des grimpeurs affûtés, notamment lors des arrivées à Fóia et Malhão, deux juges de paix que le Portugais apprécie mais où la densité du peloton peut vite brouiller les cartes.
La première étape reliera Vila Real de Santo António à Tavira (185,6 km) avec déjà trois « hot spots« . Une journée piége si le vent se lève. Le lendemain, cap sur la montagne avec Portimão-Fóia (157,1 km), première épreuve pour les jambes. Puis place au contre-la-montre individuel (19,5 km) à Vilamoura, où les rouleurs espèrent grignoter du temps. La quatrième étape, entre Albufeira et Lagos (182,1 km), pourrait sourire aux sprinteurs. Enfin, le bouquet final : Faro-Malhão (153,1 km) avec double passage sur la côte, pour les costauds.
Chaque journée impose un tempo différent. Les directeurs sportifs devront composer en temps réel, réagir aux bonifications, anticiper les cassures, sans jamais perdre de vue le classement général. Les spectateurs, eux, peuvent s’attendre à une course nerveuse, stratégique, intense.
Avec plus de 30 millions d’euros de retombées économiques en 2025, le Tour d’Algarve est bien plus qu’une simple course. C’est une vitrine touristique hors saison, un levier pour l’hôtellerie et un support médiatique majeur. André Gomes, président de la Région de tourisme de l’Algarve, le rappelle : « Cet événement permet de montrer l’authenticité de notre territoire ».
L’attente est forte, et les caméras du monde entier seront braquées sur les routes portugaises. João Almeida aura une carte à jouer. Reste à savoir s’il saura transformer cette promesse en victoire, et inscrire son nom au palmarès d’une Volta qui, à force d’innovation et de panache, a désormais tout d’une grande.
