PARIS : Management – Les salariés réclament une culture du feedback encore trop absente

Jan 21, 2026 | Paris

Une étude révèle que 91 % des salariés réclament davantage de feedback, alors que près de la moitié n’en reçoivent jamais.

C’est un paradoxe brutal qui touche le monde de l’entreprise en ce début d’année 2026. Alors que la collaboration et l’agilité sont prônées partout, la communication managériale semble grippée.

Fasterclass (https://www.fasterclass.fr/), organisme spécialisé dans la formation aux soft skills, dévoile ce lundi les résultats d’une vaste enquête nationale menée auprès de plus de 3 600 salariés.

Le constat est sans appel : la culture du retour d’information, ou « feedback », reste à construire.

Un fossé entre attentes et réalité

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Si 91 % des salariés interrogés expriment un désir fort de voir la culture du feedback se développer dans leur organisation, la réalité du terrain est tout autre. Aujourd’hui, 46 % des collaborateurs affirment ne jamais recevoir de feedback de la part de leur manager, ou alors très rarement. Seuls 8 % des sondés estiment que cette pratique est « très ancrée » dans leur entreprise. Pour la majorité, le retour d’information reste occasionnel, voire inexistant en dehors des entretiens annuels obligatoires.

Pourtant, l’appétence est réelle : 53 % des salariés voient dans le feedback un « immense levier de performance » et une aide précieuse pour progresser.

Une pratique jugée rare et maladroite

Lorsque le feedback existe, sa qualité laisse souvent à désirer. D’après l’enquête, 74 % des Français dénoncent un retour managérial défaillant. Il est jugé soit trop rare (37 %), soit trop flou (21 %), les managers se contentant souvent de remarques génériques sans pistes d’amélioration concrètes.

Les attentes des équipes sont pourtant précises : elles plébiscitent un retour factuel et neutre (29 %) ou bienveillant (27 %). Sur la forme, le mélange entre un échange oral et une trace écrite est la solution préférée par 41 % des répondants, soulignant le besoin de formaliser les échanges pour mieux s’y référer.

Le manque de formation pointé du doigt

Comment expliquer ce décalage ? L’étude met en lumière un déficit criant de compétences. Près de 67 % des salariés avouent n’avoir jamais été formés, ni eux ni leurs managers, à donner ou recevoir un feedback constructif.

Raphaël Maisonnier, CEO de Fasterclass, rappelle l’importance de la sémantique : « Le mot feedback est un pérégrinisme. […] Feedback vient de l’anglais : feed, « nourrir » ; back « en retour ». Le feedback est donc un retour d’information qui nous nourrit, c’est-à-dire qui nous apprend quelque chose. En ce sens, un simple « retour » n’est pas du feedback ».

Les freins identifiés confirment cette méconnaissance : le manque de temps (28 %) et le fait que les managers soient mal à l’aise ou non formés (27 %) arrivent en tête des obstacles, suivis par la peur de blesser ou de créer des tensions (21 %).

Un dialogue à sens unique

L’enquête souligne enfin une verticalité persistante dans les entreprises françaises. Le feedback reste majoritairement descendant (41 %), du manager vers le collaboré. L’inverse, le feedback « ascendant », ne représente que 7 % des cas. Cette asymétrie s’explique par une gêne palpable : moins d’un salarié sur dix se sent « très à l’aise » pour formuler une critique constructive ou une suggestion à son supérieur hiérarchique. 43 % ne se sentent pas du tout ou peu à l’aise avec cet exercice, craignant souvent que leur parole ne soit mal perçue.

Face à ces constats, la formation des dirigeants et des équipes apparaît comme la clé de voûte pour instaurer un climat de confiance et d’efficacité.