Pression sur le marché immobilier : on s’arrache les « canétoises » à Canet-en-Roussillon, avec des prix jusqu’à

Mar 9, 2026 | Non classé

Comme nombre d’anciennes stations balnéaires qui ont muté en cités à part entière, la ville de la côte catalane connaît un marché du logement relativement dynamique.

« Canet ? C’est la résidence secondaire de Perpignan ». En une formule bien sentie, Frédéric Malquier, président régional de la Fnaim, la fédération qui regroupe les professionnels de l’immobilier, résume l’atout de Canet-en-Roussillon, dont le bord de mer est situé à seulement une vingtaine de minutes en voiture de la capitale catalane par une rapide quatre voies. C’est même, selon lui, « l’eldorado de la côte catalane, une ville qui bouge toute l’année ».

1. Un marché des appartements anciens qui subit la pression de la demande

À la tête du groupe des Agences du Soleil, dont le siège est à Narbonne, mais qui compte de nombreuses agences dans les Pyrénées-Orientales, il note qu’aujourd’hui « Canet-en-Roussillon représente 3 % de notre parc de logements à louer, contre 6 % à 10 % habituellement ». C’est dire la pression qui pèse, comme une rançon de la gloire immobilière de la cité, dans un parc locatif en gestion du groupe qui affiche tout de même 5 000 biens.

« C’est un marché qui se porte bien, confirme Catherine Fondeville, présidente de la Fnaim pour les Pyrénées-Orientales. Aussi bien qu’au Barcarès, où ça a explosé ». « Le secteur géographique le plus dynamique en termes de volumes de ventes est la côte », avec la plaine du Roussillon, note Me Cécile Marty, présidente de la Chambre des notaires du département. Ces deux zones concentrent à elles seules près de la moitié (46 %) des ventes départementales d’appartements anciens.

Sur cette zone du littoral catalan, les statistiques des notaires font ressortir un prix médian de 3 270 euros du m². Le plus élevé de tout le département, où le prix médian se situe autour de 2 400 euros. « Sur le quartier du port, on est même à 3 600 euros », complète Catherine Fondeville. « L’ancien est plus dynamique que le neuf car ce dernier est cher et il n’y a pas énormément de biens à la vente », appuie Cathy Wanschoor, qui dirige l’agence Europ Immo à Canet-en-Roussillon.

Particularité de la cité littorale, l’offre est surtout composée de petits produits. « Il n’y a pas ici des appartements très spacieux, enchaîne cette dernière, nous sommes plutôt sur des logements de deux ou trois pièces ». Si une clientèle « existe » pour des logements plus grands, des quatre ou cinq pièces, ils ne restent pas longtemps à la vente. « Ça part assez vite, selon le prix ».

2. Maisons anciennes : on s’arrache les « canétoises »

Elles sont les stars du marché des maisons anciennes sur Canet-en-Roussillon. Elles, ce sont les « canétoises », ces maisons de plain-pied qui ont vu le jour dans les années 1930. Très souvent situées en deuxième ligne, elles survivent à l’ombre des grands ensembles immobiliers construits en première ligne, en bord de plage. « La demande est très importante, mais il y en a peu à la vente », confie Cathy Wanschoor. De plus, quand on en trouve à la vente, leur prix « dépasse tout entendement ». « Les chiffres sont devenus fous, on arrive à 6 000 euros du m² comme prix demandé par les vendeurs, même avec des travaux de rénovation ».

Il faut dire qu’elles cumulent tous les avantages : elles sont proches de la mer, proches du centre-ville et, luxe précieux, on n’a plus besoin de prendre sa voiture. Car là est le point noir de Canet, « le stationnement ». Résultat : « un appartement à vendre avec un parking se vendra plus facilement à Canet », explique la responsable d’Europ Immo. Cela fait partie des éléments qui plaisent aux acheteurs. « Ce sont souvent des gens qui ont revendu leur bien ailleurs, qui recherchent un bord de mer avec une qualité de vie et des services à proximité ».

Nous sommes loin des demandes observées par les professionnels, qui voient de nombreux jeunes qui souhaitent investir hors de Perpignan. « Comme c’est cher, on les oriente vers le village de Canet, voire les communes limitrophes, où les prix des logements sont moins chers ».

3. Le neuf quasi inexistant aujourd’hui

Quelques programmes ont bien vu le jour ces dernières années à Canet-en-Roussillon, comme la résidence Le Miami, sur l’ancien camping. « Sur la ZAC des Alizées, sur la plage, et la ZAC Les Régals, comprenant des appartements et des villas », précise Cathy Wanschoor. Vu la rareté, leur commercialisation a été rapide. « Canet est une belle côte, elle attire les promoteurs », rappelle Frédéric Malquier. Qui note un prix moyen autour de 5 000 euros du m². Quasiment comme à Montpellier.

« Le neuf, depuis 2023, c’est compliqué, acquiesce Catherine Fondeville de la Fnaim 66. Avec la fin de la loi de défiscalisation Pinel, fin 2024, on peine à voir sortir des programmes neufs. Les investisseurs ne sont pas séduits, ils représentent aujourd’hui moins de 50 %, car ils n’ont rien comme carotte pour défiscaliser et louer ». L’un des derniers programmes sorti de terre à Canet, la Voie du Moulin, près du port, s’est vendu en moyenne 315 000 euros, selon la patronne d’Europ Immo. « C’était un appartement de 65 m², avec 10 m² de terrasse. Cela fait 4 700 euros du m², cela reste correct pour la ville ».

4. Avoir sa maison neuve, une gageure

Pour faire construire sa maison, encore faut-il avoir un terrain. Et là, c’est la loterie. Des terrains, il y en a, si l’on en croît les notaires. À fin juin 2025, « le marché des terrains à bâtir dans les Pyrénées-Orientales est en hausse de 7,4 % ». Et ce, « pour la quatrième année consécutive ». Sur le département, le prix médian d’une parcelle est de 100 600 euros environ, en hausse de 7,4 %. Sur la côte, il est de près de 104 000 euros, en hausse de près de 11 %. Les parcelles de moins de 600 % représentent 75 % des transactions. « On trouve de moins en moins de terrains à bâtir, commente Cathy Wanschoor, quand il y en a, ça reste très ponctuel ».