La nomination de Catherine Pégard au ministère de la Culture marque le retour d’une figure discrète mais influente de la vie publique. Journaliste politique de formation, stratège au sommet de l’État, dirigeante d’une grande institution patrimoniale, elle incarne un profil hybride, à la croisée des médias et du pouvoir.
À 71 ans, cette femme de réseaux et de dossiers accède à l’un des portefeuilles les plus symboliques du gouvernement, dans un contexte de fortes attentes sur le financement de la création, la défense de l’exception culturelle française et la préservation du patrimoine.
Une journaliste devenue stratège politique
Pendant plus de vingt ans, Catherine Pégard observe et décrypte les arcanes du pouvoir. À la rédaction du Point, elle s’impose comme l’une des meilleures connaisseuses de la droite française. Son carnet d’adresses s’étoffe, son influence grandit.
En 2007, elle franchit le pas et rejoint l’équipe de Nicolas Sarkozy au Palais de l’Élysée. Elle devient conseillère politique du chef de l’État. Dans l’ombre du président, elle affine les stratégies, analyse l’opinion, participe à la fabrique du récit présidentiel.
Cette expérience au sommet du pouvoir façonne son style : direct, structuré, attentif aux équilibres politiques. Elle confie plus tard que « la décision publique exige à la fois une vision et une capacité d’écoute », une formule qui résume sa méthode.
À la tête de Versailles, un long exercice du pouvoir culturel
En 2011, elle prend la présidence du Château de Versailles. Une nomination politique qui suscite alors débats et critiques. Mais au fil des années, elle impose sa marque.
Sous son impulsion, le domaine poursuit sa modernisation, développe les expositions événementielles et renforce son attractivité internationale. Elle défend une ligne claire: ouvrir largement sans dénaturer.
« Versailles doit rester un lieu vivant, pas un sanctuaire figé », affirme-t-elle régulièrement. Son mandat est marqué par la recherche de mécénat, la restauration de grandes perspectives et une gestion attentive de la fréquentation, notamment après la crise sanitaire.
Cette longue séquence versaillaise constitue son principal fait d’armes culturel. Elle y acquiert une connaissance fine des enjeux patrimoniaux, budgétaires et diplomatiques.
Une ministre politique à la rue de Valois
Son arrivée à la tête du Ministère de la Culture n’est pas celle d’une technicienne issue du sérail artistique, mais d’une personnalité politique aguerrie. Un choix qui envoie un signal : la Culture est aussi un terrain stratégique.
Les dossiers qui l’attendent sont nombreux : financement de l’audiovisuel public, avenir des festivals fragilisés, soutien aux artistes face aux mutations numériques, protection du patrimoine en région.
Dans un ministère souvent traversé par les tensions budgétaires et les débats idéologiques, son autorité et son expérience constituent ses principaux atouts.
