Crise au Louvre : Rachida Dati abandonne sa mission de réorganisation et évoque « 17 mesures »

Fév 24, 2026 | Paris

Sur le même sujet

Crise au Louvre : Rachida Dati sur le gril à l’Assemblée nationale ce lundi

Crise au Louvre : Rachida Dati sur le gril à l’Assemblée nationale ce lundi

La ministre de la Culture, en lice pour les municipales à Paris et sur le départ du gouvernement, va devoir s’expliquer sur sa gestion de la crise qui frappe le Louvre depuis le cambriolage du 19 octobre. En revanche, cette commission d’enquête sur la sécurité des musées se déroule à huis clos

À quelques jours de son départ du gouvernement pour briguer la mairie de Paris, son audition devant la commission d’enquête sur la sécurité des musées était très attendue, mais elle a finalement eu lieu loin du regard du public. Le président de la commission, le député LR Alexandre Portier, a décrété le huis clos pour « préserver la sérénité des débats », mécontentant certains de ses pairs. Lors de cette audition, selon les éléments recueillis, la ministre, autorité de tutelle, a acté l’abandon de la mission de réorganisation « en profondeur » du Louvre qu’elle avait annoncée fin décembre face à la grave crise traversée par le musée depuis le cambriolage du 19 octobre. Rachida Dati avait alors indiqué avoir confié cette tâche à Philippe Jost, superviseur du chantier de restauration de Notre-Dame, et attendre de premières recommandations fin février.

Ça a été abandonné parce que la réflexion sur la réorganisation du Louvre a avancé indépendamment de cette mission »

Cette mission n’a toutefois jamais débuté ses travaux. « Ça a été abandonné parce que la réflexion sur la réorganisation du Louvre a avancé indépendamment de cette mission », a affirmé Alexandre Portier, selon qui la gouvernance du musée fait l’objet d’une « réorganisation en cours ». Interrogé sur ses modalités, le député a renvoyé à d’éventuelles annonces gouvernementales. « Il n’y a plus de Philippe Jost », a confirmé le rapporteur de la commission, Alexis Corbière (ex-LFI), ajoutant que la ministre a justifié cet abandon par le mouvement social mené depuis mi-décembre par le personnel du Louvre pour de meilleures conditions de travail. « On ne voit pas trop le lien entre les deux », a-t-il estimé.

Sur le même sujet

Politique : LFI ouverte à des alliances à gauche au second tour des municipales, le tour des micros dans les émissions politiques

Politique : LFI ouverte à des alliances à gauche au second tour des municipales, le tour des micros dans les émissions politiques

La France insoumise, mise en cause par une grande partie de la classe politique après la mort de Quentin Deranque, faisait l’objet de l’essentiel des discussions autour des alliances à venir, dans les émissions politiques de ce dimanche. Qu’en disent les Insoumis eux-mêmes, Gabriel Attal, Aurore Bergé et Jérôme Guedj ? Comment se nouent les alliances à Paris ? Tour d’horizon

Selon les deux députés, Rachida Dati a assuré que « 17 mesures » étaient en cours pour réformer le Louvre, musée le plus visité au monde qui accumule les revers depuis le cambriolage de joyaux de la Couronne, entre fermeture d’une galerie pour insalubrité et enquête sur un réseau de fraude à la billetterie. Le détail de ces mesures n’a pu être précisé dans l’immédiat et l’entourage de Rachida Dati n’a pas répondu aux sollicitations.

La ministre a, de manière générale, convenu de la nécessité d’un « renforcement des moyens de contrôle de la tutelle » sur le musée, a indiqué Alexandre Portier, qui avait estimé la semaine dernière que le Louvre était devenu un « État dans l’État ». « Elle a questionné elle-même la tutelle de cet établissement avec l’idée qu’il pourrait y avoir trop d’autonomie », a abondé Alexis Corbière.

« On a le sentiment qu’il va y avoir des changements, mais elle n’est pas allée plus loin », a-t-il poursuivi. Fragilisée par le cambriolage et la mise au jour de nombreux dysfonctionnements, la présidente du Louvre Laurence des Cars doit être entendue mercredi par cette même commission. Alexandre Portier a indiqué que le huis clos n’était « pour l’heure » pas envisagé pour cette audition, la situation étant selon lui « différente » de celle de Rachida Dati, engagée dans une âpre bataille pour la mairie de Paris.

Sur le même sujet

Gouvernement : à quand le remaniement ? Montchalin s’en va lundi, Dati s’accroche « comme une bernique »

Gouvernement : à quand le remaniement ? Montchalin s’en va lundi, Dati s’accroche « comme une bernique »

Trois ministres – au moins – sont sur le départ pour un remaniement qui devrait avoir lieu en milieu de semaine prochaine. Explications

Après le huis clos décrété pour la ministre, certains membres de la commission avaient dénoncé une mesure « incompréhensible » quand d’autres soutenaient un moyen d’« aller au fond des sujets ». Il s’agissait de la première mesure de ce type depuis le début des travaux de cette commission, constituée dans la foulée du cambriolage et qui a procédé à plus de 70 auditions. Ses conclusions sont attendues en mai.