Goodbye Karelle : “Knuckle Breaker Maxxx”, l’album du trop-plein et du lâcher-prise

Fév 16, 2026 | Paris

À l’occasion de la sortie de son deuxième album « Knuckle Breaker Maxxx », le 16 janvier, Goodbye Karelle livre un projet intime, traversé par l’amour, la colère enfouie et l’affirmation de soi. Entre spoken word, indie folk et pop alternative, l’artiste explore ses contradictions, ses fragilités et ses élans.

Il y a des albums qui murmurent. D’autres qui débordent. « Knuckle Breaker Maxxx » appartient à la seconde catégorie : un trop-plein d’émotions transformé en musique, quelque part entre douceur acoustique et déflagration intérieure. Un nouveau projet qui a su convaincre le public présent au Point Ephémère le 22 janvier dernier. 

Affiches Parisiennes : Votre deuxième album, « Knuckle Breaker Maxxx », est sorti le 16 janvier. Avant d’entrer dans ce nouveau chapitre, qu’est-ce qui définit l’univers de Goodbye Karelle ?

Goodbye Karelle : L’amour, je pense. Beaucoup. Comme dans n’importe quelle musique, c’est un moteur essentiel. Et puis l’affirmation de soi aussi, surtout dans cet album-là. Je dirais que ces deux choses-là sont vraiment au centre.

Vous ouvrez l’album avec une introduction acoustique qui ressemble presque à un enregistrement brut. Était-ce une manière d’immerger immédiatement l’auditeur dans cette exploration intérieure ?

Cette intro est arrivée après coup. J’ai longtemps hésité à la garder. C’était l’idée d’une chanson qui n’a jamais abouti. Finalement, j’ai eu envie de la placer au début, peut-être pour exprimer le sous-texte de tout l’album : une colère, un trop-plein de choses.

Quand je compose, j’essaie de ne pas m’enfermer dans un genre.

L’album traverse plusieurs univers sonores. Que révèle cette diversité musicale ?

J’écoute énormément de musique, depuis toujours, et beaucoup de styles différents. Quand je compose, j’essaie de ne pas m’enfermer dans un genre. Je crée avec les envies et les mélodies du moment. C’est peut-être pour ça que ça part dans différentes directions, mais pour moi, ça fait sens.

Certains morceaux semblent très spontanés, d’autres plus travaillés. Comment s’est passée l’écriture ?

Il y a des chansons qui prennent cinq minutes, d’autres six mois. Moving On, par exemple, m’a demandé beaucoup de temps. Je voulais qu’elle soit claire, compréhensible. À l’inverse, des titres très denses comme See For Yourself sont sortis très vite. Parfois, ça jaillit. D’autres fois, il faut creuser plus profondément.

Pourquoi avoir choisi ce titre, « Knuckle Breaker Maxxx » — avec trois X ?

Les trois X, c’est surtout pour le côté “3X”. J’avais une photo de moi enfant. Il y avait ce camion avec ce nom dessus. Ça faisait écho à quelque chose d’androgyne, d’entre-deux, qui a toujours été là chez moi. Quand j’ai revu cette image, le lien s’est fait naturellement avec les chansons que j’étais en train de composer.

Comment résumeriez-vous cet album en quelques mots ?

Un trop-plein d’émotions, une colère enfouie depuis longtemps. Un besoin de crier certaines choses. Il y a aussi un changement dans la manière dont je donne et je reçois l’amour. J’ai eu 30 ans : ce n’est plus la même chose qu’à 21 ou 22. Il y a du changement, de l’affirmation de soi.

Avez-vous appris des choses sur vous pendant l’écriture ?

À 100 %. Écrire une chanson, c’est comme écrire ses émotions noir sur blanc. C’est très libérateur. Par exemple, Adi, qui parle de ma partenaire, m’a permis de comprendre pourquoi cette relation est différente des précédentes. Elle est plus saine. En l’écrivant, j’ai pris conscience de ça.

Qu’est-ce qui vous inspire le plus aujourd’hui ?

Tout. La tristesse, la jalousie, l’émerveillement, le bien-être. J’ai toujours écrit, toujours écouté de la musique. Le sentiment que la musique me procure, j’essaie de le transmettre à mon tour.

Les clips de Adi et Funny People proposent des ambiances très différentes. Était-ce une volonté marquée ?

Funny People est très différente du reste de l’album. Au départ, elle n’avait pas cette forme. J’ai eu envie de la “craquer”, de la casser. Elle parle d’une partie de moi que je trouve plus laide, celle qui s’auto-sabote. Je ne voulais pas apparaître dans le clip. J’avais envie de confier ça à quelqu’un d’autre.

Ça fait drôle d’être à 6 000 kilomètres de chez soi et de voir que des gens écoutent notre musique (…)

À l’inverse, Adi est très pure, presque naïve, tournée le matin à la maison…

Oui, j’avais envie qu’elle soit dans le clip. Je la trouve trop belle. C’était important pour moi.

Vous étiez sur la scène du Point Éphémère à Paris le 22 janvier. Comment avez-vous vécu cette date ?

C’était vraiment cool. Beaucoup d’amis m’avaient parlé de cette salle. Il y avait du monde, les gens étaient attentifs. Ça fait drôle d’être à 6 000 kilomètres de chez soi et de voir que des gens écoutent notre musique, l’aiment, nous le disent. Ça fait chaud au cœur.

C’était aussi la première fois que vous jouiez seul ?

Oui. D’habitude, je suis accompagné de musiciens. Là, je les cherchais du regard… mais ça s’est bien passé.

Comment envisagez-vous la suite ?

Faire le plus de concerts possible. Et j’aimerais réussir à écrire en français. C’est plus difficile pour moi, parce que c’est une langue très genrée. En anglais, j’ai plus de liberté. Mais j’aimerais réussir à “déverrouiller” cette écriture-là, trouver des mots qui me représentent. C’est un travail. Mais j’ai envie d’essayer.

« Knuckle Breaker Maxxx » de Goodbye Karelle (album sorti le 16 janvier 2026)

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