Les sites Meilleurtaux et leboncoin immo ont publié ce mardi 10 février leur premier Baromètre du marché immobilier en France.Il analyse notamment l’accès au crédit dans 32 grandes villes.Et même si le marché redémarre, les fortes disparités territoriales continuent d’exclure de nombreux ménages de l’accession à la propriété.
Le marché immobilier reprend du poil de la bête. En 2025, il enregistrait près de 950.000 ventes de logements anciens, un niveau comparable à celui de 2017 et en hausse de 11% sur un an. Mais cette dynamique s’inscrit dans un contexte différent : après une baisse continue des taux entre 2015 et 2021 (de 1,7% à 1,05 % sur 20 ans) ceux-ci s’établissent désormais à 3,30% sur 20 ans en janvier 2026, indiquent ce mardi 10 février les sites Meilleurtaux et leboncoin immo dans leur premier Baromètre du marché immobilier en France.
Des prix globalement stables
Côté prix, ils restent globalement stables : après une hausse de +24% entre 2017 et 2021, les prix des annonces n’augmentent que de +2% depuis 2022, confirmant un net ralentissement. Certaines villes connaissent toutefois des progressions importantes : Brest voit ses prix augmenter de 8%, portée par une demande soutenue sur les T3 et les T4 ; Mulhouse (+7%), tirée par les logements familiaux ; Metz (+6%), attribuable aux petites surfaces. Caen se démarque aussi avec une augmentation de 13% en deux ans. Paris, après une année stable, affiche une hausse de 5%, principalement due à la rareté des trois pièces. À l’inverse, Bordeaux (-2%), Nantes (-3%) et Grenoble (-2%), dont les prix ont précédemment flambé confirment une tendance baissière pour la deuxième année consécutive.

Un accès à la propriété toujours sous tension
En moyenne, le montant des prêts s’élève à 246.000 euros, pour une durée stable de 22 ans et 3 mois. Les revenus des ménages ayant obtenu le financement de leur projet immobilier s’élèvent, lui, à 5.276 euros par mois. Tandis que les primo-accédants représentent près de 70% des profils financés, avec 31% de profils de moins de 30 ans et presque 70% de moins de 40 ans. Mais l’accès à la propriété reste toujours sous tension. L’apport est aujourd’hui – à la hausse – la variable d’ajustement des projets immobiliers.
En 2025 les emprunteurs accompagnés par Meilleurtaux sur les villes étudiées ont un apport moyen de 17% du budget total de l’achat, soit 52.000 euros. Il atteint 100.900 euros à Lyon et 132.000 euros à Paris et près de 70.000 euros à d’Aix, Bordeaux, Caen, Marseille, Nice, Rennes et Toulouse. Ces montants, équivalents à plus de 13 mois de revenus moyens, soulignent l’effort financier pour devenir propriétaire.
De fortes disparités territoriales
Dans le détail, pour un revenu médian, un célibataire doit prévoir un apport équivalent à 15 mois de salaire (32.000 euros), et à plus de deux ans à Aix, Bordeaux, Lille, Lyon, Montpellier, Nice, Rennes et Strasbourg. Pour un couple sans enfant, un apport de 10 mois de revenus est nécessaire. Seules les familles avec enfants sont un peu mieux loties grâce à des revenus médians plus élevés (5 mois de salaires en apport). Mais trois villes leur restent inaccessibles : il faut ainsi compter 230.000 euros d’apport à Aix-en-Provence, 238.000 euros à Nice et 685.000 euros à Paris – une fortune – pour devenir propriétaire d’un T4 de 80m².

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Pour Maxime Chipoy, directeur éditorial de Meilleurtaux, « face à des prix de l’immobilier élevés et qui n’ont pas foncièrement baissé, et aux taux actuels, devenir propriétaire engendre des mensualités hors de portée pour un grand nombre de ménages. Les seuls leviers restent l’allongement de la durée du prêt, réservé aux profils les plus jeunes ; la diminution des surfaces visées ; ou l’augmentation de l’apport. Cette exclusion progressive freine la mobilité résidentielle et maintient de nombreux ménages dans la location, parfois de longues années, le temps d’une baisse ou d’un apport conséquent »
, conclut-il.

