Ce projet est la suite d’un partenariat avec le collège Henri-Dunant de Royan où, en 2023, ils ont travaillé sur l’éducation fille/garçon puis sur le harcèlement en 2024. « Nous sommes en train de poursuivre l’écriture du spectacle, on va vous présenter un gros brouillon. Vous participez à la création du spectacle », ont prévenu Morgane Clémenceau et Cédric Corbiat devant un parterre de collégiens attentifs. Les comédiens devaient les revoir le vendredi suivant, à la fin de leur résidence.
Dans un royaume de conte de fées
« Votre mission ? Nous aider à rédiger votre spectacle. On va le jouer devant des gens de votre âge », poursuivent les artistes. Tous les accessoires ne sont pas là, ni les costumes… La pièce se déroule néanmoins devant les enfants. Nous sommes dans une chambre, une princesse vit dans un royaume de conte de fées avec le roi, la reine – figurée par un mannequin, mais chaque nuit, une partie de son corps lui est dérobé, un bras, une jambe, une oreille. Il ne faut pas oublier l’importance des conversations avec les doudous – leur code stipule que « chaque enfant a le droit de vivre en sécurité et de ne pas avoir peur » –, ni le dialogue avec le médecin…
La pièce dure quarante-cinq minutes. À la fin, le dialogue s’installe entre les comédiens et le jeune public. Qu’est-ce qu’il fait le père à la fille ? « Il la touche, elle ne le voulait pas », répondent les enfants. Comment ça s’appelle ? Qu’est-ce qu’on imagine avec la maman ? « Elle ne veut pas balancer son mari, peut-être qu’elle a un peu peur de lui », suggère le jeune public.
Entourés de professionnels
Le sujet est grave, traité avec humour et légèreté. « Nous voulons utiliser l’outil du spectacle pour libérer la parole des enfants, semer de petites graines, mais avec humour. C’est ça, ce que l’on sait faire, c’est ce qui me touche », précise Morgane Clémenceau. La thématique est délicate. Dans leur travail de recherche et de conception, ils se sont entourés de professionnels, psychologues, éducateurs, juges pour enfants, infirmiers, professeurs, commissaires de police… Le but est « d’éveiller les consciences des élèves sur plusieurs thématiques : le consentement, les relations enfants-adultes, la quête de soi et la reconstruction identitaire après un traumatisme ».
