Dès le 20 février, la Cité de l’Économie accueille l’exposition « All Inclusive » de la photographe Kourtney Roy pour une plongée artistique et analytique dans l’industrie du voyage.
La Cité de l’Économie (Citéco), installée dans le majestueux Hôtel Gaillard à Paris, poursuit sa mission de pédagogie économique en s’attaquant à un sujet universel : le tourisme. Dans le cadre de sa saison culturelle « On refait le monde ? », le musée propose, du 20 février au 20 septembre 2026, l’exposition temporaire *Kourtney Roy – All Inclusive*.
Ce projet inédit se distingue par sa double approche, mêlant l’esthétique singulière de l’artiste canadienne à la rigueur scientifique de l’institution. L’objectif est d’interroger les multiples facettes d’un secteur qui pèse lourd dans l’économie mondiale, tout en questionnant nos imaginaires liés à l’évasion.
Une esthétique du « rêve fabriqué »
Kourtney Roy est connue pour son univers visuel saturé de couleurs, flirtant avec l’hyperréalisme et le cinéma. Pour cette exposition, trois séries sont mises en lumière : *In Between Worlds*, *The Tourist* et *Sorry, No Vacancy*. À travers ces œuvres, l’artiste explore les clichés du voyage : ciels d’un bleu parfait, piscines scintillantes et motels aux tons pastel.
Cependant, derrière ce vernis glamour, la photographe introduit des failles. Ses autoportraits mis en scène jouent sur le décalage, l’humour et une certaine inquiétude latente. Elle déconstruit la figure de la « vacancière idéale » et transforme des paysages désertés en décors de fiction. Ces images invitent le spectateur à regarder au-delà de la carte postale pour percevoir la fabrication du désir touristique.
Le poids économique et social du voyage
Fidèle à son ADN, Citéco ne se contente pas d’accrocher des œuvres aux murs. L’exposition ancre le travail de Kourtney Roy dans une réalité chiffrée et tangible. Des dispositifs pédagogiques, incluant panneaux thématiques et podcasts, viennent éclairer les enjeux soulevés par les photographies.
Les visiteurs découvriront ainsi que le tourisme représente près de 10 % du PIB mondial et un emploi sur dix sur la planète. L’exposition aborde sans détour les « externalités négatives » de cette industrie : l’impact environnemental du tourisme de masse, les inégalités sociales d’accès aux loisirs ou encore la transformation des économies locales. Il s’agit de comprendre comment les mécanismes marketing influencent nos choix de destinations et nos comportements.
Un miroir du monde contemporain
Cette collaboration entre art et économie vise à rendre accessibles des concepts parfois abstraits en les reliant à une expérience vécue par le plus grand nombre.
« Le tourisme, phénomène à la fois intime, social, culturel et économique, reflète les grands équilibres et déséquilibres du monde contemporain », a déclaré Vida Konikovic, directrice générale de la Cité de l’Économie.
L’exposition prend place au cœur du 17ème arrondissement, dans un chef-d’œuvre de l’architecture néo-gothique de la fin du 19ème siècle, offrant un écrin patrimonial à cette réflexion moderne sur la mondialisation.
