« La boxe, le club de Royan m’ont sauvé la vie » : Angelo Parentaud, du gamin harcelé à l’espoir d’un titre national

Jan 24, 2026 | Royan

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Le licencié du Roc Boxe de Royan s’est imposé en quart et en demi-finale ces samedi 17 et dimanche 18 janvier. Le benjamin de la compétition a même sorti le numéro 1 de la catégorie, arrêté au deuxième round

L’espoir de titre grandit de combat en combat, depuis l’entrée en lice d’Angelo Parentaud en huitième de finale à Paris, le samedi 10 janvier. Ensuite, Angelo Parentaud a notamment écarté de son chemin, en quart de finale, celui qu’on présentait comme le favori pour le titre, Fares Fezai, finalement impuissant face à la vitesse et la puissance dévastatrice du bras arrière du gaucher Angelo Parentaud. Arrêt de l’arbitre au deuxième compte dans la deuxième reprise.

« Trop gentil »

En l’espace d’une semaine et trois combats, le Charentais-Maritime a attiré l’attention. Alors qu’il ne pratique la boxe que depuis 2023, son avenir pourrait s’écrire rapidement dans le giron de l’équipe de France, « quel que soit le résultat de la finale samedi », glisse avec confiance Mickaël Weus. Angelo Parentaud lui-même ne se cache plus : « Mon objectif, c’est déjà de viser les Jeux olympiques 2028. »

« Je ne pouvais pas leur courir après, j’étais le ‘’petit’’ gros qui ne peut pas se défendre »

Nouveau flash-back. S’il rembobine le film de sa courte vie, Angelo Parentaud dépeint un tableau sombre, loin des rêves de gloire pugilistiques, lui qui a fini par pousser les portes du Royan Océan Club Boxe justement « pour apprendre à [se] défendre un peu ». « Enfant, adolescent, j’étais en obésité morbide, littéralement. À l’école déjà, les autres aimaient bien m’embêter… Enfin, carrément me harceler. Ils me tapaient, ils m’insultaient et ils partaient en courant. Je ne pouvais pas leur courir après, j’étais le ‘’petit’’ gros qui ne peut pas se défendre. Trop gentil et trop peu rancunier, aussi. »

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Tout pour la boxe

La rancune lui est à ce point étrangère qu’Angelo a pardonné. « Je n’en veux à personne, d’autant que certains se sont excusés depuis. » Le mal est fait, pourtant. Aujourd’hui encore, et alors qu’il a réussi la prouesse de fondre de 142 à 103 kilos, ce passé parasite sa boxe. « Pendant mes premiers combats, surtout, j’avais tendance à ne pas m’engager à fond, parce que je gardais de moi l’image du gros qui ne pouvait pas tenir un round entier, au début. » Alors que son endurance, justement, est devenue l’un de ses atouts.

« J’aurais suivi de mauvaises fréquentations. Je serais parti en vrille »

Sous la férule de Mickaël Weus, jusqu’à il y a peu assisté du préparateur physique Romain Rohé, les boxeurs royannais ont développé cette faculté à enchaîner les rounds à haute intensité, à accélérer quand les autres déclinent. Angelo Parentaud lui-même ne rechigne plus à s’astreindre au rythme quasi professionnel qu’impose son choix, en septembre. Le bac STMG en poche, il a décidé pour l’instant de se dédier à la boxe. Tout sauf une sinécure. « L’entraînement, c’est vingt et une heures par semaine, entre séances techniques, course à pied, musculation. »

« Sous-estimé »

Angelo Parentaud ne se plaint pas de ce régime strict. Parce qu’il doit à sa nouvelle passion son salut, n’hésite-t-il pas à affirmer : « La boxe, le club de Royan m’ont sauvé la vie, oui. J’étais addict aux jeux vidéo et à la malbouffe, forcément une très, très mauvaise combinaison. Si je n’avais pas découvert un sport qui me plaisait autant, je pense que j’aurais été encore plus gros, que j’aurais arrêté l’école. Je sais que j’aurais suivi de mauvaises fréquentations. Je serais parti en vrille. »

« J’aime prouver aux gens qu’ils ont eu tort à mon sujet. Mais sans parler, juste par mes actes »

L’apprentissage a été dur, il l’est encore, d’ailleurs. Avec tendresse et admiration, John Lasserre, qui l’encadre lors des séances de musculation, révèle « avoir vu Angelo pleurer », de douleur, de frustration. « J’en ai souvent pleuré, c’est vrai. J’ai souffert, mais dans ce chaos, j’ai quand même trouvé une certaine forme de plaisir et de bonheur dans toute cette souffrance. Peu de personnes le comprennent, mais ça tient au dépassement de soi, au fait de repousser ses limites, de se sentir meilleur, après chaque séance. »

Imperméable à la rancune, Angelo Parentaud n’en est pas moins revanchard, un moteur positif, pour lui : « On m’a beaucoup sous-estimé. C’est aussi ça, ma force, aujourd’hui : j’aime prouver aux gens qu’ils ont eu tort à mon sujet. Mais sans parler, juste par mes actes. Que mon succès parle à ma place. » Un titre national, samedi, vaudrait mille mots.