PARIS : Management – 91 % des salariés réclament une culture du feedback encore inexistante

Jan 20, 2026 | Paris

Une enquête nationale dévoilée ce jour révèle un paradoxe saisissant : alors que l’immense majorité des employés demande plus de retours, près de la moitié n’en reçoit jamais.

C’est un véritable dialogue de sourds qui semble s’être installé dans les entreprises françaises. Ce lundi 19 janvier 2026, l’organisme de formation Fasterclass publie les résultats d’une vaste étude menée auprès de 3 612 salariés. Les chiffres mettent en lumière un décalage massif entre les attentes des collaborateurs et la réalité managériale du terrain.

Un fossé entre l’offre et la demande

Les résultats de ce sondage sont sans appel. Si 91 % des salariés interrogés expriment le souhait de voir la culture du feedback se développer davantage au sein de leur organisation, la réalité est tout autre. En 2026, 46 % des employés déclarent ne jamais recevoir de retour de leur manager, ou alors très rarement.

Seulement 8 % des sondés estiment que cette pratique est « très ancrée » dans la culture de leur société. Pour la grande majorité, le feedback reste une pratique occasionnelle, voire inexistante, creusant ainsi un écart préjudiciable à la performance collective.

Une incompréhension sur la nature du feedback

Au-delà de la fréquence, c’est la qualité même de l’échange qui est pointée du doigt. Lorsqu’il existe, le feedback est jugé « trop rare », « trop flou » ou « maladroit » par 74 % des Français.

Raphaël Maisonnier, CEO de Fasterclass, explique cette dissonance par une méconnaissance sémantique : « Le mot feedback est un pérégrinisme. Il n’a pas d’équivalent direct dans la langue française. […] Feedback vient de l’anglais : feed, « nourrir » ; back « en retour ». Le feedback est donc un retour d’information qui nous nourrit, c’est-à-dire qui nous apprend quelque chose. En ce sens, un simple « retour » n’est pas du feedback ».

Le manque de formation en cause

L’étude identifie clairement les freins à cette pratique : le manque de compétences. Un chiffre résume à lui seul la situation : 67 % des salariés avouent n’avoir jamais été formés, ni eux ni leurs managers, à donner ou recevoir un feedback constructif.

Les conséquences sont directes. 27 % des managers se disent mal à l’aise ou mal formés pour l’exercice, et 28 % invoquent un manque de temps. La peur de blesser ou de créer des tensions paralyse également 21 % des encadrants.

Un sens unique de circulation

Si la descente d’information (du manager vers le salarié) est laborieuse, la remontée (du salarié vers le manager) relève du tabou. Le feedback reste majoritairement descendant (41 %). À l’inverse, seuls 7 % des retours sont qualifiés d’ascendants.

L’exercice est périlleux pour les équipes : 43 % des salariés ne se sentent pas à l’aise pour formuler une critique constructive ou une suggestion à leur supérieur hiérarchique.

Des attentes précises pour 2026

Contrairement aux idées reçues, les collaborateurs ne cherchent pas uniquement la reconnaissance positive. 43 % préfèrent un feedback « correctif », exprimant un besoin de clarté sur leurs axes d’amélioration. Sur la forme, le plébiscite va à une approche hybride : 41 % des sondés souhaitent un échange oral doublé d’une trace écrite.

Fasterclass (https://www.fasterclass.fr/) est un organisme de formation spécialisé dans le management et les soft skills, proposant des parcours pour améliorer la collaboration en entreprise.

L’étude complète est disponible ici : https://www.datapressepremium.com/rmdiff/2007177/CP-Fasterclass-Sondage-Feedback-OK27.pdf