Le président du plus gros club d’athlétisme de la Montpellier s’étonne d’être mis à l’écart de l’organisation de la manifestation dédiée à la course à pied. Il met aussi en cause la société Playground Event qui riposte. De son côté, Christian Assaf, vice-président de la Métropole répond au club.
Si la période est propice aux souhaits d’une bonne et heureuse année, on peut parier que Matteo Piombo, président du Montpellier Athlétic Méditerranée Métropole, n’a pas pris le temps d’appeler les équipes de Playground Event, pour leur exprimer ses vœux. À ce stade, il n’est même pas sûr qu’ils puissent organiser ensemble, dans une ambiance apaisée, le prochain Montpellier Run Festival.
L’événement qui regroupe plusieurs courses (marathon, semi-marathon, Ekiden, 10km et 5km) a été créé en 2023 par la volonté de la Métropole de créer une véritable fête du running à la hauteur des ambitions sportives d’une ville comme Montpellier. La nouvelle manifestation sportive a vu le jour au lendemain du fiasco qu’a représenté l’organisation du marathon de Montpellier 2022.
Mattéo Piombo : « Personne ne dit rien »
À la tête de cette course et du 10km avant 2023, le MA2M par la voix de son président, se sent désormais mis à l’écart : « En 2024, le club était organisateur, l’entreprise Playground Event était prestataire. L’édition s’est très mal passée, lance-t-il. Le MA2M a laissé gérer le prestataire, le club était aussi responsable de la situation. En 2025, la première année de prise de fonction de notre bureau, nous avons été écartés de toutes les décisions phares, ce que j’ai signifié au Pôle Sports de la Métropole. Malgré notre gros investissement ce week-end-là, nous n’avons eu notre mot à dire sur absolument rien. Le parcours était dangereux par endroits, un coureur s’est blessé en glissant à l’arrivée, une arche est tombée sur une personne… »
Le dirigeant associatif poursuit : « Pour la prochaine édition en 2026, nous n’avons pas été consultés non plus. Nous avons appris les dates en consultant le calendrier officiel de la Fédération Française d’Athlétisme (FFA). Les équipes de Playground se sont octroyé le droit de dire qu’elles organisent. Avec cette entreprise, nous sommes en contentieux parce qu’il nous demande l’argent de l’édition 2024, ce que nous contestons. Elle nous doit 35 000 euros, elle nous demande 70 000 euros de frais. »
Et Matteo Piombo d’attaquer frontalement : « Cette entreprise est basée à Paris et détenue par un fonds d’investissement suisse, elle n’a pas bonne presse. Nous avons noté de la surfacturation. Tout le monde est au courant de tout mais personne ne dit rien. Et nous sommes écartés. À côté de ça, nous avons un conflit de loyauté parce que les relations sont très bonnes avec la Métropole. Mais nous trouvons qu’il n’y a aucune cohérence qu’une entreprise privée s’occupe d’un événement qui regroupe tous les acteurs du running à Montpellier. »
Larson : « Le MA2M fuit ses responsabilités »
Contactée, la société Playground Event réagit par la voix de son directeur général adjoint Jérémie Larson : « La Métropole de Montpellier est venue nous chercher pour faire changer de dimension l’événement. Montpellier avait envie d’avoir une belle manifestation attractive. Organiser des événements de masse est un métier, nous sommes leader du marché en France avec 200 000 dossards vendus par an et 20 événements organisés. De mon côté, je me garde bien de donner des cours d’athlétisme. »
Il répond ensuite aux accusations : « Les deux premières années, nous étions des prestataires. Il se trouve qu’à l’issue de l’édition 2024, les dirigeants du MA2M ont démissionné et que le Montpellier Run Festival n’était pas à l’équilibre financièrement. Il y avait une dette à hauteur de 70 000 euros répartis en deux factures, des frais techniques d’un côté que nous avons avancés pour le compte du club et des frais de ressources humaines de l’autre qui correspondent à des équipes déployées pendant le week-end. Le MA2 est incapable d’apporter plus de 20 bénévoles, c’est contradictoire de dire qu’il souhaite organiser le Montpellier Run Festival. Le club refuse de nous rembourser, des actions juridiques sont en cours. »
Jérémie Larson conclut : « Il faut savoir que notre siège social est à Paris mais que nous sommes aussi présents dans plusieurs autres villes en France. Playground Event appartient à une entreprise italo-suisse qui s’appelle Citec, pas du tout à un fond d’investissement. De la surfacturation ? Le MA2M lance cette accusation pour faire du bruit et fuir ses responsabilités. Son président ferait mieux de s’occuper de son club et de ce qui s’y passe. » Ambiance.
« Le MA2M n’a pas été écarté »
Christian Assaf (vice-président de la Montpellier Méditerranée Métropole) : « Suite aux problèmes d’organisation du marathon en 2022, j’ai souhaité qu’une structure professionnelle s’occupe du Montpellier Run Festival. Playground Event donne pleinement satisfaction. Le MA2M n’a pas été écarté puisqu’il reçoit chaque année une subvention spéciale pour l’organisation. Lorsqu’on a décidé de créer le MRF, j’ai lancé un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI), Playground Event y a répondu mais pas le MA2M qui n’en avait pas les moyens. J’ajoute qu’au regard du succès de la manifestation dont on espère atteindre la barre des 20 000 participants, je vais élargir la liste des organisateurs à d’autres clubs, à tous ceux qui ont une expertise sur le sujet dans cette ville. Il y a des problèmes entre le MA2M et Playground, je suis au courant, c’est entre les mains de la justice, ils s’en débrouillent. La responsabilité financière du MRF est donnée à Playground Event. Le MA2M est associé à l’organisation tout comme d’autres clubs. J’entends continuer à ce que ce club soit associé à cette manifestation qui est un succès. On le soutient financièrement, je suis surpris d’apprendre que ses dirigeants se sentent exclus. Je les soutiens, je ne les lâche pas, s’ils veulent organiser un meeting, une manifestation sur la Métropole on les aidera mais ils ne peuvent plus être les seuls organisateurs du MRF. »
