La petite histoire du mobilier parisien : le Banc Davioud, une invitation à la flânerie dans Paris

Déc 31, 2025 | Paris

Par
Graziella de Sortiraparis · Photos par
Cécile de Sortiraparis · Mis à jour le 31 décembre 2025 à 14h29
· Publié le 31 décembre 2025 à 12h02

On s’y assoit pour se reposer ou regarder passer les gens, le banc Davioud, avec ses lattes de bois vernies et ses pieds en fonte ouvragée, est le complice silencieux de nos pauses urbaines. Dessiné pour transformer Paris en un immense salon à ciel ouvert, il est devenu, en 150 ans, le symbole universel du repos dans la cité.

C’est au milieu du XIXe siècle, sous le Second Empire, que Gabriel Davioud, architecte en chef des services d’architecture de la Ville de Paris, reçoit une mission de taille du Baron Haussmann. Alors que les Grands Boulevards et les squares sortent de terre, il faut meubler ces nouveaux espaces de respiration.

Dès les années 1860, le banc dit « Davioud » est installé partout dans Paris. Le but ? Démocratiser le repos urbain, autrefois réservé aux jardins privés ou payants, et inciter les Parisiens à s’approprier ces nouveaux lieux de promenade.

Un design double pour une ville en mouvement

Le génie de Davioud réside dans l’élégance de la structure. Contrairement aux bancs ordinaires, le modèle classique parisien possède souvent une double assise : deux dossiers adossés l’un à l’autre. Ce design permet de s’asseoir d’un côté ou de l’autre de l’allée, offrant deux points de vue différents sur la ville.

Ses pieds en fonte sont ornés de motifs végétaux qui s’harmonisent avec les arbres des boulevards, tandis que la cambrure du bois est calculée pour un confort optimal du dos, une révolution ergonomique pour l’époque.

Le gardien de la pause parisienne

Avant l’arrivée de Davioud, s’asseoir dans la rue était rare et souvent considéré comme suspect ou réservé aux mendiants. En installant ces bancs à intervalles réguliers, la ville a créé un nouveau droit : celui de s’arrêter gratuitement.

Le banc est devenu le pivot de la flânerie, ce concept si parisien qui consiste à déambuler sans but. Il est le seul mobilier qui ne demande rien en échange, offrant une hospitalité universelle aux passants de toutes conditions.

Le combat des lattes contre le plastique

Tout comme pour les colonnes Morris, le banc Davioud a dû faire face à la modernité. À plusieurs reprises, des modèles en plastique ou en métal perforé ont tenté de le remplacer. Mais la résistance des Parisiens a été féroce.

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