“J’ai grandi en province et quand je suis arrivée à Paris, mon angoisse c’était un petit peu la toile d’araignée du métro” confie Laurence Voyer, rédactrice en chef du Parisien dans ses bureaux du 15ᵉ arrondissement. En moyenne, les Franciliens passent 82 minutes chaque jour dans les transports, contre 65 minutes pour le reste de la France, selon les explications de Victor Delage, fondateur de l’institut Terram pour Ici-île-de-france.
Source de stress, de fatigue chronique voire d’usure mentale selon l’institut, le temps passé dans les transports peut expliquer en partie le caractère grincheux des Parisiens. Mais, pour certains, vivre à Paris c’est aussi “une façon de vivre, de bouger, de penser aussi,” comme le souligne un voyageur du métro francilien.
Pour d’autres, c’est la vie culturelle qui marque l’identité de la ville. « C’est avoir accès aux musées, à beaucoup de choses, au cinéma, au théâtre, se déplacer facilement », se réjouit une Parisienne sur le quai de la station.
Tant qu’ils le peuvent, les Parisiens évitent les bouchons et les lieux trop convoités par les touristes. Il est donc rare d’en croiser en balade sur les grands boulevards, à l’exception de l’actuelle période des fêtes où les façades des grands magasins parisiens se transforment en véritable spectacle.
Collés à la devanture, yeux illuminés et sourires aux lèvres, des bambins sont venus admirer les vitrines à la sortie de l’école. “C’est magique… Des fois, on croise le Père Noël”, glisse leur mère, le regard complice.
Rassemblant près de 30 millions de visiteurs à l’année, ces vitrines sont devenues une véritable tradition. “Il y a beaucoup de monde et c’est vraiment un rituel pour beaucoup de familles parisiennes qui viennent même avant l’ouverture du magasin pour, justement, éviter la foule avec les enfants et utiliser une totale visibilité sur les vitrines,” explique Camille Foucat, responsable pôle scénographie événementiel des Galeries Lafayette.
Croiser la tour Eiffel au retour du bureau ou faire son footing près de la Seine sont les contreparties d’un rythme effréné. Parmi les autres avantages qu’offre la capitale : celui de la vie nocturne et de ses restaurants ouverts à toute heure.
Le quartier des Halles constitue un parfait exemple. À une heure du matin, au Pied de Cochon, brasserie ouverte 21 heures/24, il est encore possible de dîner. Ici, c’est en moyenne, 1200 couverts qui sont servis chaque jour. Rodrigue Guillet, directeur du soir de l’établissement affirme recevoir essentiellement des Parisiens aux heures tardives : “Ce sont des gens sortent de spectacles, de concerts, d’événements sportifs, de soirées aussi privées, de boîtes de nuit. »
Selon un sondage Ipsos Public Affairs pour le Nouvel Observateur publié en février 2025, les Parisiens sont neuf sur dix à aimer vivre à Paris.
Article avec Clarisse Montlouis-Félicité (stagiaire) à partir du reportage de Y. Le Gall et G. Bezou
