Immobilier : L’émergence de marchés à plusieurs vitesses

Déc 14, 2025 | Non classé

Le Conseil supérieur du notariat a dressé cette semaine le bilan du marché immobilier. Que faut-il en retenir ?

Différence du prix du m2 entre Paris et les grandes villes (THANA PRASONGSIN / MOMENT RF / GETTY IMAGES)
Différence du prix du m2 entre Paris et les grandes villes (THANA PRASONGSIN / MOMENT RF / GETTY IMAGES)

Il y a bien une reprise de l’activité mais elle est fragile. La relative stabilité des prix et des taux d’intérêt (autour de 3 %) ont eu un effet levier pour les projets immobiliers. Selon les indices Insee-Notaires, après deux années de recul, la tendance est à la hausse des transactions. Résultat : des projections autour des 945 000 ventes pour cette année 2025 (921 000 transactions de logements anciens ont été réalisées au cours des 12 derniers mois en France (hors Mayotte) à fin septembre, selon les actes authentiques de ventes). Les prix eux, connaissent un léger frémissement. Petite hausse enregistrée pour les maisons (+ 0, 2 % sur un an). Un peu plus prononcée pour les appartements : + 1, 3 %. Ça, c’est au niveau national.

On assiste à l’émergence de marchés à plusieurs vitesses.

Si l’on prend une photo de la carte de France avec les grandes villes. Pour ceux qui sont en capacité d’acheter un bien, Paris est, de loin, la plus chère : 9 600 €/m2 en moyenne pour un appartement.

Ensuite, il y a 3 villes où l’on peut devenir propriétaire d’un appartement ancien autour de 4 000 €/m2 : Nice, Bordeaux et Lyon.

Puis les villes autour de 3 000 €/m2 : Lille, Rennes, Nantes, Strasbourg, Montpellier, Toulouse et Marseille

Et puis les villes autour des 2 000 €/ m2 : Toulon, Dijon, Reims, Orléans, Grenoble et Le Havre.

Là, ce sont des prix médians, il y a bien sûr des disparités, selon les quartiers, les types de biens mais cela donne une indication.

57 % des ménages sont propriétaires. Ce qui est stable depuis une décennie. 34 % n’ont plus de crédit en cours.

La durée de détention d’un logement est en moyenne de 12 ans.

On retiendra que sur la base d’un remboursement, d’une mensualité de 800 € sur 20 ans, la projection effectuée par les notaires de France, indique que l’on peut acheter un appartement de 2 pièces d’une surface de 42 m2 à Toulouse, un 3 pièces de 61 m2 au Havre et à… Paris 12 m2…

À retenir également qu’il y a de plus en plus un impact des étiquettes énergétiques sur les prix de ventes de logements anciens. Les biens classés F et G sur le DPE (Diagnostic de performance énergétique) subissent des décotes. Les acheteurs anticipent le coût des travaux de rénovation.

Sous le signe de la fragilité, du manque de visibilité. Si les prix comme les taux, devraient poursuivre leur légère remontée, il faudra surveiller : Les critères de la BCE, l’évolution de l’inflation, les taux d’emprunt, l’attitude des banques sur les conditions de crédit. Les incertitudes économiques, politiques voire géopolitiques peuvent peser sur les intentions d’achat.

Si la pierre fait toujours figure de valeur refuge sur le long terme – pour se lancer dans un projet immobilier – c’est bien sûr la confiance qui sera déterminante.