Exercice délicat ce jour-là, au musée d’Opale Sud de Berck. Les pompiers du SDIS 62 (service départemental d’incendie et de secours) s’entraînent à déplacer des tableaux. « D’abord à la verticale, puis à l’horizontale, sans provoquer de choc », préconise Yannick Courbès, directeur du musée. Le lieutenant Alexandre Frichot s’exécute avec beaucoup de minutie. « C’est une des premières fois qu’on procède à l’enlèvement d’un tableau, c’est quelque chose d’exceptionnel », confie-t-il.
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© Mathilde Baron / France Télévisions
Dans une autre salle, une galerie de portraits datant du 19ème siècle, signée du peintre arrageois Francis Tattegrain, pose plus de difficulté. « On ne va pas pouvoir décrocher chaque portrait en risquant de perdre du temps », constate le commandant Dimitri Declercq. En cas d’incendie, les pompiers doivent pouvoir agir vite pour sauver les œuvres d’art. « Il faudra clore la salle et installer une bâche ignifugée pour la protéger des flammes », décide-t-il après examen des lieux.
Depuis un an, les pompiers du SDIS 62 se rendent régulièrement au musée de Berck pour évaluer, parmi les 2000 tableaux et objets conservés sur le site, lesquels peuvent être sauvés ou, à défaut, protégés en cas de sinistre. De cette analyse du terrain ressort un document technique, guide précieux pour les équipes d’intervention. « Ce sont des fiches très lisibles en cas d’urgence, c’est-à-dire qu’on a tous les éléments, les moyens humains à mobiliser pour déplacer une œuvre et la sécuriser, le poids, les dimensions, le type d’intervention, son accrochage« , explique Yannick Courbès. « C’est un document précieux ».
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© Mathilde Baron / France Télévisions
Camille Lanciaux est experte en conservation et régie des œuvres, mais aussi pompier volontaire. C’est elle qui fait le lien entre les indications laissées par les responsables des musées et les missions des pompiers. « Si un responsable de collection nous dit que son œuvre prioritaire est un tableau de plusieurs centaines de kilos accroché en hauteur et qui mesure 3 mètres par 4, cela aura beau être l’œuvre la plus chère du musée, on ne pourra pas l’extraire », explique la jeune femme. « Il faut se concentrer sur des œuvres plus facilement retirables ». Ainsi, tout tableau supérieur à 80 kilos est laissé d’office sur place, protégé par une bâche ignifugée.
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© Facebook : Rudy Hanicq
Après l’incendie de Notre-Dame de Paris en avril 2019, le ministère de la Culture a lancé un plan sécurité cathédrale qui comprend des travaux de sécurisation et un plan de sauvegarde des biens culturels, comme pour la basilique de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). « L’incendie dans l’église de l’Immaculée Conception de Saint-Omer [en septembre 2024] a aussi accéléré notre démarche en faveur de tous les établissements du département, qu’ils soient publics ou privés », précise le commandant Dimitri Declercq.

Ci-dessus un reportage de l’édition Littoral Hauts-de-France sur la mise aux normes de la basilique Notre-Dame à Boulogne-sur-Mer, en avril 2025.
