Le 7 février 2025, vers 8 h 40, sur la D 14, entre Saint-Sulpice-de-Royan et Breuillet, tout a basculé en une seconde. Ou peut-être trois, quatre secondes… Marie (1) ne saurait dire. « Je venais de partir de chez mon compagnon. J’étais enrhumée, j’essayais d’attraper un mouchoir côté passager… » Marie, 71 ans, douze points sur son permis de conduire, aucune condamnation, se déporte sur sa gauche. Elle ne parvient pas à redresser son véhicule à temps. Le choc frontal avec la Clio de Kyllian est inévitable, violent, « à haute cinétique », à pleine vitesse. Employé dans la mécanique, Kyllian, 19 ans, s’était offert sa voiture avec ses premières paies. Un modèle ancien, sans airbag…
Ni Marie, ni Kyllian n’étaient sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants. Chacun roulait à une vitesse adaptée, ce matin de février couvert, mais sans pluie. Kyllian est décédé le 28 février à Poitiers, où le malheur a voulu qu’il contracte un staphylocoque doré, apparu dans un poumon, puis dans l’autre.
Au volant, on ne devrait pas quitter la route des yeux une seule seconde
De ce drame, Marie est responsable, sans intention, évidemment. Maître Bénédicte Bertrand, représentant les parents de Kyllian, n’a pu que décrire l’inattention de Marie que comme « un geste malencontreux et malheureux ». À son tour, l’avocate saintaise tire une banale mais primordiale leçon : « Au volant, on ne devrait pas quitter la route des yeux une seule seconde. » Des vies, même celles de ceux qui restent, en dépendent.
Le tribunal ne pouvait que reconnaître la culpabilité de Marie, condamnée à six mois de prison avec sursis simple, douze mois de suspension du permis de conduire. Les victimes, parents, frères et sœur, seront indemnisées. Jamais à la mesure de l’immensité de leur peine, partagée par la prévenue.


