L’hommage à Stéphane Gatti ne s’arrêtera pas au Petit Paris

Nov 28, 2025 | Paris

CULTURE. Au lendemain de l’hommage qui lui a été rendu au Petit Paris, à Saint-Dizier, l’œuvre de Stéphane Gatti et des membres de l’Entre-tenir, devrait perdurer au-delà de cette unique soirée. Des projections au Ciné-quai sont évoquées, mais pas uniquement.

« Une façon juste de parler de Stéphane, c’était de raconter son travail. » Alors Benoît Artaud, les amis et sympathisants de l’association l’Entre-tenir l’ont fait. Rendre hommage à Stéphane Gatti, décédé dans la nuit du 23 au 24 mai 2025, en se retrouvant cette soirée du vendredi 14 novembre, au Petit Paris, à Saint-Dizier.

Lectures, projections, discussions, ont nourri l’événement. Entre bouillon de culture et apéro citoyen, quelque part. De l’origine de la création de l’association aux temps forts proposés par l’Entre-tenir, dans les années 2000 à Saint-Dizier, la quarantaine de personnes a eu droit à des instants de nostalgie et de réflexion.

Contacté jeudi 27 novembre, Benoît Artaud, initiateur de la soirée, assure que ce temps ne sera pas un one-shot. « La suite, c’est de faire des projections. De regarder ensemble les films, reparcourir tout ce qui a été fait, 15-20 ans après et de le partager. » L’ami de Stéphane Gatti imagine, par exemple, proposer des projections lors d’événements publics. « Nous avons en notre possession une série de films sur le monde ouvrier, on pourrait très bien le diffuser au cinéma dans un temps dédié. »

L’idée d’un espace où « stocker » tout le fonds documentaire de l’association, toujours en vie, a aussi circulé dans les discussions, le 14 novembre. Cela semble plus difficile à mettre en place. En revanche, François Larcelet, membre actif de l’association, a d’autres idées. « A l’époque, on avait eu cette idée d’un espace permanent, à l’espace Esquirol de l’hôpital André-Breton. Ça n’a pas pu se faire. Mais on peut peut-être faire un espace plus visible à la médiathèque. »

De manière générale, les participants à cette soirée hommage voudraient pérenniser l’œuvre. François Larcelet, toujours, a rappelé la genèse du projet originel pour en apprécier tout son sens. « C’était faire avec les habitants et pas pour. On a demandé aux habitants de se raconter, de faire des projets ensemble, ce qui ne se fait pas aujourd’hui et c’est dommage. C’est la socialité au sens primaire », avait-il déclaré le 14 novembre.

La poursuite des projets sociologiques portés par l’Entre-tenir pourrait-elle se poursuivre aujourd’hui ? Nul le sait. « A l’époque, ce qui a été proposé a été super bien accueilli », se souvient l’écrivain Michel Séonnet, également à Saint-Dizier il y a deux semaines. « Savoir mettre les personnes, les lieux, les thématiques, en résonance, c’était l’immense qualité de Stéphane. »

Nicolas Frisé

n.frise@jhm.fr