Dans les allées encore calmes du Parc des expositions de la Porte de Versailles, l’effervescence monte. Jeudi 6 novembre, la Guyane y fera son entrée. Sur le stand K03, en cours d’installation, Murish Mirand Pailloux mettra bientôt en lumière ses créations inspirées de l’Amazonie : colliers, bracelets, bijoux de sacs et trousses en coton cousu au fil de jean. « Le Made in France me permet de montrer nos compétences et notre culture. En Guyane, on a des talents et on fait de très bons produits », confie-t-elle depuis Paris, à la veille de l’ouverture du salon.
/outremer%2F2025%2F11%2F05%2F426b6118-fd7a-4733-847e-1263c1cdea3e-690b120ab68eb207742238.jpg)
« « J’ai toujours dit : pour moi, c’est la Guyane d’abord. C’est afro-amazonien, c’est notre culture, et ça change l’image qu’on a de chez nous », ajoute-t-elle. »
De la salle de classe à l’atelier
Ancienne professeure de couture, elle découvre dans la création un exutoire face à la lourdeur du quotidien. Pendant le confinement, elle réalise ses premières pièces pour ses proches. « La première, c’était une trousse de toilette pour mon mari », raconte-t-elle en riant. Le succès est immédiat. Rapidement, les commandes affluent, la passion devient projet, puis marque déposée : Kréa’Ouest Guyane, née officiellement en 2022 à Mana.
La Foire de Paris, à laquelle elle a participé, l’a confortée dans son choix : plus de deux cents chouchous et la totalité des bijoux vendus. Depuis, elle a étoffé son univers : pièces uniques, associations de graines polies de wassaï et de kumaru, couleurs naturelles, tissus 100 % coton aux coutures solides. « Je peux commencer à 22 heures et finir à 5 heures du matin, c’est vraiment une passion », sourit-elle.
/outremer%2F2025%2F11%2F05%2Faee984a6-e43e-411d-8e26-d6ca5de95b6a-2-690b126eab7b9673575267.jpg)
Le pari d’un savoir-faire local
Toutes ses collections sont fabriquées à Mana, souvent en collaboration avec des artisans locaux. La créatrice achète ses madras et tissus chez des commerçants guyanais, tout en complétant ses fournitures en métropole pour maintenir des prix abordables. « J’essaie de faire le maximum sur place, pour faire tourner l’économie locale », souligne-t-elle.
Ses graines, elles, sont poncées et percées avant d’être assemblées en Guyane. Une matière naturelle qu’elle relie à la tendance écologique actuelle : « On recycle un déchet vert. Ces graines, au lieu d’être jetées, on les polit, on les teinte, et on en fait des bijoux ».
Identité, métissage et transmission
Au-delà du style, Kréa’Ouest Guyane porte un message. « Je veux que chacun se sente d’abord guyanais, quelles que soient ses origines », explique Murish Mirand Pailloux. Ses créations mêlent influences amérindienne, bushinenguée, créole, hmongs, chinoise et indienne. Le madras côtoie des motifs kalin’a ou floraux, symbole du métissage culturel de la Guyane. « Chez nous, on doit vivre ensemble pour faire la Guyane », affirme-t-elle.
/outremer%2F2025%2F11%2F05%2F18335f1f-cadc-4d47-be97-51ae775bef4b-690b133304318497071392.jpg)
Une visibilité nationale
Après trois participations à la Foire de Paris, le Salon du Made in France (MIF) représente pour elle une étape majeure. Plus professionnel et plus exigeant, il ouvre de nouvelles perspectives commerciales. La créatrice espère y rencontrer à la fois le grand public et des partenaires désireux d’exporter ses créations.
Ces derniers mois, plusieurs institutions l’ont déjà repérée. Invitée prochainement à un marché de Noël organisé par le CES au Palais d’Iéna, elle voit dans cette reconnaissance un signal fort. « La Guyane peut briller, s’exporter et je veux y contribuer », lance-t-elle avec détermination.
Faire rayonner la Guyane
Au fond, tout part d’un attachement viscéral à son territoire. Installée à Mana depuis 2016, après dix-sept ans en Hexagone, Murish Mirand Pailloux revendique son choix : « Chez moi, c’est la Guyane : le mélange des couleurs, des cultures et la chaleur humaine ».
Et si son parcours prouve quelque chose, c’est bien que l’artisanat guyanais puisse rivaliser avec les grandes marques françaises. « En Guyane, on a du savoir-faire et des personnes compétentes. Je veux qu’on le reconnaisse », conclut la fondatrice, qui peaufine encore ses derniers préparatifs avant l’ouverture du Salon du Made in France.
Par Eric Léon
Mots clés de l’article
Sur le même sujet
Derniers articles

/outremer%2F2025%2F11%2F05%2Fimg-20251023-141300-690a9cecd1ed1873284013.jpg)
/outremer%2F2025%2F11%2F04%2Fdesign-sans-titre-12-690a46499a0ca644464966.png)
/outremer%2F2025%2F11%2F04%2Fgrand-huit-690a52d0dc238216716922.jpg)
/outremer%2F2025%2F11%2F04%2F572113241-10239807019339867-623114471803071548-n-690a4ba4efe93938281656.jpg)
/outremer%2F2025%2F11%2F04%2Fimg-3316-6909ef412731f501357366.jpg)
/outremer%2F2025%2F11%2F05%2Fdisparition-690b18f6e4f7f569445486.jpg)
/outremer%2F2025%2F10%2F09%2F23f2068b-269e-42d0-8ad1-1e7b2e4aeb19-68e793e28017c754077722.jpg)
/outremer%2F2025%2F11%2F05%2Fsainte-anne-savane-de-petrification-690aa06c5a43d577853413.jpg)
/outremer%2F2025%2F11%2F04%2Fpension-690a65851a16b940539130.jpg)
/outremer%2F2025%2F11%2F05%2Fphoto-2025-11-05-10-56-56-690b08758d7e0709826699.jpg)