Au Grand Pavois, il y a les mastodontes et les chantiers de prestige (Dufour, Amel, Fountaine-Pajot…) mais, et c’est aussi l’ADN du salon nautique rochelais, on peut y débusquer avec une facilité déconcertante une très large collection de petites sociétés en marge du luxe et du faste. Époque oblige, l’espace réservé à l’éconavigation, est chaque année musclé et constitue en lui-même un petit écosystème de solutions et d’idées pour naviguer malin sans être traité de pollueur par ses amis qui pédalent à vélo-cargo.
Et des deux-roues aux bateaux, la passerelle est évidente pour Jean-Marie Raymon, PDG de la société bretonne Moto Thérapy, revendeur de la marque Ozo. Après avoir débuté par la création de kits pour électriser des vélos musculaires, cette société basée à Éguilles près d’Aix-en-Provence, a étendu sa démarche au nautisme. « L’idée est simple : débarrasser son embarcation de son moteur diesel pour le remplacer par son équivalent électrique ».
Autonomie et photovoltaïque
« On a imaginé ce procédé pour de petits bateaux de pêche, de promenade comme les pointus de Provence ou les pinasses du bassin d’Arcachon, mais aussi pour que les voiliers de régates puissent sortir des ports en vitesse et sans polluer », lance fièrement l’homme d’affaires âgé de 50 ans.
Les échelles de puissance sont très variables (entre 6 kw et 40 kw) et l’installation comprend le moteur, la ou les batteries (on peut les accumuler et elles sont stockables dans des racks spécialement conçus pour les héberger, et tout le matériel indispensable à la navigation (contacteur, manette d’accélération…). « La gestion de ce matériel est simplissime estime Jean-Marie Raymon : tout se pilote depuis son téléphone portable, et pour moins de 10 000 euros vous pouvez naviguer proprement. On se déplace chez vous et entre la dépose et la mise en route, tout est prêt en deux ou trois jours ».
La société provençale propose d’autres solutions écolos : « le problème sur ce type de motorisation, c’est le temps d’autonomie : pour améliorer les performances, nous pouvons ainsi installer des petits panneaux photovoltaïques qui permettent des recharges complètes en quatre heures ». Des solutions existent même pour les canoës-kayaks ou les paddles. « Des petites valises d’assistance électrique qui permettent de dépasser deux heures pleines d’autonomie à une vitesse de 4 nœuds » assez modeste mais précieuse, quand on a les biceps chiffonnés par une longue balade en mer.
Première au salon
Pour Jean-Marie Raymon, qui expose pour la première fois au Grand Pavois, le rendez-vous rochelais est une véritable opportunité. « C’est un salon différent des autres. En plein air, agréable et varié dans ses propositions. Pour moi, la visibilité offerte aux alternatives propres est une aubaine. On sent qu’il y a un vrai marché et que les clients sont attentifs. Si à l’issue du salon je peux contractualiser cinq ou six commandes, ce sera très bien », espère le Breton qui a en charge de développer le marché sur une zone allant de la Bretagne à la Vendée.
Pratique. La 53e édition du salon nautique international à flot anime le port des Minimes du 23 au 28 septembre, de 10 heures à 19 heures (18 heures le dimanche). Entrée 20 euros, gratuit pour les moins de 12 ans. Gratuit pour les habitants de l’agglomération de La Rochelle du mercredi au vendredi, à partir de 16 heures (pass à récupérer à sa mairie). Renseignements et programme complet sur grand-pavois.com

