Les élus et techniciens ne se font pas d’illusions. La sociologie du Pays royannais est telle, avec une grande majorité de personnes âgées, que l’usage de la voiture restera le mode de déplacement numéro un. En 2024, plus d’1,3 million de voyages en bus ont cependant été comptabilisés sur la Communauté d’agglomération Royan Atlantique (Cara). Ça concerne un peu moins d’1,5 % de la population. L’objectif du plan de mobilité simplifié élaboré à la Cara est de passer à 3 % en 2030 et 6 % en 2050. D’où la volonté de renforcer l’offre avec le prochain gestionnaire du réseau Cara’Bus. En parallèle, d’autres pistes sont étudiées comme l’autopartage, le covoiturage ou le vélo en libre-service.
« Ce plan, qui devrait être approuvé en décembre 2025, sert à étudier les modalités de déplacement sur le territoire dans les dix à quinze ans à venir. On ne pourra pas se défaire de l’automobile. Les gens y sont attachés. Mais certaines personnes aimeraient pouvoir aller travailler en bus, à vélo ou avec un autre mode de transport alternatif comme le covoiturage ou l’autopartage. Nous devons répondre à ces besoins. On sent bien que la mobilité douce a le vent en poupe. À nous de donner à une population âgée sur le territoire les moyens de prendre plus souvent le bus, par exemple », indique le vice-président de la Cara en charge des transports Claude Baudin.

S. D.
Il s’agit aussi de trouver la solution pour ce qu’on appelle le dernier kilomètre. Comment, de chez moi ou de mon poste de travail, je peux rejoindre un mode de déplacement structurant comme le bus. Équiper un maximum de communes en stations de vélos en libre-service pourrait être l’une des réponses. L’opérateur Fifteen, qui a installé des stations à Royan et à Saujon, est pleinement satisfait de l’expérience. « La lauréate de l’année en termes d’utilisation d’un vélo en libre-service est même une Royannaise. Elle s’en sert tous les jours pour aller au boulot », révèle Alexandra Le Maguet, responsable du service mobilité à la Cara.
Le vélo semble être l’un des éléments centraux du prochain plan de mobilité simplifié. « Des stations en libre-service seront implantées cette année à Vaux-sur-Mer et une autre à Saint-Palais-sur-Mer. L’an prochain, on prévoit Saint-Georges-de-Didonne et Médis. Petit à petit on va étoffer le maillage », assure Claude Baudin qui doit rassurer dans un même temps les loueurs de vélos qui voient arriver une concurrence. La Cara souhaite aussi plancher sur le véhicule en autopartage pour donner accès à la voiture en ruralité et en zone dense. « On va tester. Tout ce qui fonctionnera, nous le pérenniserons », insiste l’élu.
Des expérimentations seront par exemple tentées avec des aires de correspondance intelligente. C’est-à-dire des lieux où il existe déjà une ligne de bus qui seront renforcés par une aire de covoiturage et une station de vélos en libre-service. « C’est un peu la version réduite d’une gare routière combinant trois modes de déplacement », précise Alexandra Le Maguet. Un test pourrait avoir lieu, par exemple, à Médis sur la ligne 7 de Cara’Bus au niveau du carrefour de la pharmacie. « Une aire de covoiturage y existe déjà et on pourrait y ajouter une station de vélos. C’est en réflexion. » Une exposition concernant ce plan de mobilité simplifié est visible dans le hall du siège de la Cara jusqu’à la fin du mois.

