Cour criminelle de Charente-Maritime : il nie le viol d’une femme déficiente intellectuelle et homosexuelle

Sep 9, 2025 | Royan

« Pour elle, les faits de violence, d’agression, ce qui était mal, elle le voyait à la télévision. Le danger n’était pas pour elle. Son handicap lui avait permis de se créer une sorte de protection », contextualise Me Bénédicte Bertrand, devant la cour criminelle de Charente-Maritime, à Saintes, ce lundi 8 septembre. Elle représente une habitante de Saint-Jean-d’Angély, qui a subi un viol dans la nuit du 1er au 2 juin 2023, dans un bois de Saint-Julien-de-l’Escap.

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Gaël Petit a été déclaré coupable du viol de la compagne de sa cousine, alors âgée de 18 ans, le 15 janvier 2019 au Château-d’Oléron. La cour d’assises de la Charente-Maritime retient l’absence totale de remise en cause de l’accusé de 29 ans

« Je recule devant les gens alors qu’avant c’était comme les Bisounours », a confié la victime à l’experte psychologue. Elle a 39 ans mais le raisonnement mental d’un enfant de 6 à 8 ans. En sonnant à la gendarmerie de Saint-Jean-d’Angély, le 2 juin 2023, à 4 h 50, elle a su relater la nuit en détail, et son récit n’a jamais varié.

Menacée de mort

La soirée démarre avec quelques verres à la Fête de la bière, avec deux amies. La trentenaire poursuit seule, au bar Le Vanity, où le gérant refuse de la servir en raison de son ébriété. Un homme, habitué des lieux, lui propose de prendre une bière dans sa voiture. Puis il la ramène chez sa sœur, qui n’est pas là. Il la conduit alors dans un bois à Saint-Julien-de-l’Escap, et l’agresse. Elle a beau lui dire qu’elle a ses règles, qu’elle est homosexuelle, il impose une pénétration pénienne et anale. « C’est moi qui te vais te faire changer d’avis. T’as pas intérêt à bouger », lui aurait-il lancé avant de la menacer de mort si elle parlait.

Tous les indices confirment la version de la victime. Les deux téléphones qui bornent dans ce bois à 2 h 10. Les graminées dans ses cheveux. Les griffures et les hématomes sur ses cuisses, ses bras, son dos, une morsure au sein, les signes d’une strangulation. Des traces de sperme sur ses habits, sa culotte, dans son anus. La sodomie ? « Je n’ai jamais touché cette partie-là », affirme l’accusé, en détention provisoire depuis son interpellation, le 15 juin 2023.

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Cet Algérien de 35 ans, qui vivait depuis 2017 dans le secteur de Saint-Jean-d’Angély, a d’abord tout nié, avant de reconnaître une relation, mais consentie, dans sa voiture, place du Champ-de-Foire, à l’initiative de la jeune femme. Le président, Franck Wastl-Deligne, doit répéter ses questions trois ou quatre fois. « L’étranglement, une morsure au sein, ce n’est pas souvent que l’on voit ça. Ce sont des pratiques que décrivent quatre de vos anciennes compagnes. »

« L’étranglement, une morsure au sein, ce n’est pas souvent que l’on voit ça. Ce sont des pratiques que décrivent quatre de vos anciennes compagnes. »

« Traumatisme »

L’accusé répond à côté, prétexte un complot dont sa victime aurait été la complice. « J’ai tout perdu. Je suis dans un état presque plus grave qu’elle », ose-t-il, sans un mot pour la trentenaire.

Le procureur, Benjamin Alla, retient que son parcours était jusque-là sans histoires. Les expertises ne notent pas de pathologie. Mais la violence des faits et le « traumatisme persistant » justifient une réquisition de onze ans de prison ferme, assortie d’une interdiction définitive du territoire national, alors que l’homme a une autorisation de séjour jusqu’en 2030. La plaidoirie de la défense débutera la journée du mardi. Verdict attendu en fin de matinée.