Clap de fin pour la phase de fouilles 2025 à la tour de Broue, à Saint-Sornin : l’occasion de revenir sur l’intérêt archéologique du site. Étudié depuis 2015, ce lieu unique en Charente-Maritime permet, grâce à sa chapelle et à son logis seigneurial, d’explorer les modes de vie de ses habitants au Moyen Âge. Utilisé entre le XIe siècle et le XVe siècle pour contrôler les marais salants, il est un témoin fort de la période et du lieu. En effet, plus étonnant encore, il offre aussi la possibilité de retracer la topographie des environs.
Un historique environnemental
Pour Éric Normand, archéologue en charge du chantier, cette possibilité d’étudier les évolutions de l’environnement durant le Moyen Âge est une véritable chance. « C’est rare d’avoir des données comme celles que l’on trouve ici pour étudier la biodiversité au Moyen Âge. Ce qui est intéressant ensuite, c’est de pouvoir les mettre en parallèle avec les paysages que l’on a aujourd’hui. » Pour avancer sur ce domaine d’étude, Benoit Clavel, archéo-zoologiste spécialisé sur le Moyen Âge, participe aux fouilles. « On a des espaces où l’on retrouve beaucoup de déchets alimentaires des seigneurs ayant vécu dans le logis. Ça nous permet à la fois de connaître leur niveau de vie, mais aussi la topographie des lieux. » Le chercheur a en effet pu observer une évolution dans les oiseaux et les poissons qui étaient consommés, ce qui laisse penser que l’environnement des zones de chasse et de pêche a évolué au cours des siècles, devenant de moins en moins maritime.
Même si les études avancent, beaucoup d’hypothèses restent difficiles à prouver. « Les découvertes de cette année nous ont apporté plus de questions que de réponses », rigole le responsable du site. L’un de ces questionnements porte sur la possible utilisation du lieu comme monastère : « La construction rectangulaire et fermée sur elle-même peut faire penser à un monastère, et on a retrouvé des pots marqués qui nous mettent aussi sur cette voie. »
« La valorisation, il faut y penser dès maintenant »
En plus de son intérêt historique, le lieu a aussi une portée pédagogique. En effet, parmi la vingtaine de bénévoles qui viennent participer aux fouilles, un certain nombre sont encore étudiants. « On a beaucoup d’étudiants en archéologie ou en histoire de l’art. Maintenant, dans leur cursus, la plupart ont une partie pratique à valider, avec un stage ou des heures à faire sur un chantier. »
Une des grandes questions qui entourent désormais le lieu est : que va-t-il devenir après la fin des fouilles ? Pour Éric Normand, si les pouvoirs publics veulent en faire un lieu touristique et patrimonial, c’est une question qu’il faut se poser dès maintenant. « On se retrouve souvent avec des lieux de fouilles où, à la fin des recherches, on se regarde sans savoir ce qu’ils vont devenir. La valorisation de ce genre de lieu, c’est quelque chose qui prend du temps, il faut y penser dès maintenant. »


