Île de Ré : les commerçants du marché de Saint-Martin-de-Ré défendent leurs prix

Août 28, 2025 | Royan

Après un article consacré aux prix élevés sur l’île de Ré, deux commerçants du marché de Saint-Martin-de-Ré ont souhaité réagir. Pour Tony Magne, poissonnier, et François-Xavier Mihura, fromager crémier, les critiques ne reflètent pas la réalité de leur métier.

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« On est là toute l’année »

Les deux hommes insistent : ils ne sont pas des saisonniers. « On n’a pas la même vision que ceux qui ouvrent en avril et qui ferment en septembre », souligne François-Xavier Mihura. « Si on veut travailler sur l’année, on n’a aucun intérêt à augmenter nos prix en août », ajoute Tony Magne.

Tous deux rappellent le poids des loyers et des frais fixes. « Le marché de Saint-Martin-de-Ré est l’un des plus chers de France en mètres linéaires : plus de 10 000 euros par an pour un banc de dix mètres », explique le fromager. À cela s’ajoutent salaires, transport et énergie. « Quand je revends du bar de ligne à 49,90 €, alors que je l’ai payé 30, je ne fais même pas ma marge », assure le poissonnier.

La qualité au centre

Pour Tony Magne, la hausse des prix reflète la rareté et la qualité. « Le prix du poisson bouge chaque jour, selon la météo et les apports. Je travaille avec du poisson de ligne : c’est plus cher qu’un poisson de chalut, mais la qualité n’a rien à voir. » Il revendique une éthique : « Ce qui m’intéresse, c’est le petit professionnel qui sort à la journée et qui débarque son poisson vivant. »
Le poissonnier insiste aussi sur le service rendu : « Toute la préparation est gratuite. On lève les filets, on fait des carpaccios ou des tartares. Ce savoir-faire a un coût car il faut des salariés qualifiés, mais il valorise le produit. »

Les deux commerçants disent veiller à proposer des prix variés. « J’ai quatre ou cinq sortes de poissons à moins de 20 euros le kilo », avance le poissonnier. « Les hausses de mes fromages sont fixées en mars, comme partout en France. Ensuite, ça ne bouge plus », complète François-Xavier Mihura.

« Quand on nous dénigre, ça fait mal »

Ils contestent l’idée que le marché de Saint-Martin-de-Ré serait plus onéreux. « Beaucoup de commerçants ont des stands sur plusieurs marchés de l’île, les prix sont identiques à quelques centimes près », assure Tony Magne. « Un chèvre vendu 8 euros ici se retrouve à 10 ou 12 euros à Paris », ajoute le fromager.

Selon eux, la comparaison doit se faire à qualité égale : « Oui, on pourrait proposer du poisson d’élevage importé à bas prix. Mais ce n’est pas notre philosophie », explique Tony Magne.

Ce qui les inquiète surtout, c’est la réputation. « Ça entache tout le marché, estime François-Xavier Mihura. Les gens lisent un article et pensent que Saint-Martin-de-Ré est hors de prix. » Tony Magne, installé depuis un an et demi, confirme : « Quand on nous dénigre, ça fait mal. On a des crédits, des investissements, on est comme tout le monde. »

Face aux critiques, ils appellent à la transparence. « Tous les matins, je me lève à 3 h 30 pour aller à la criée et choisir le meilleur poisson », explique le poissonnier. « Venez voir comment on travaille. La qualité, ça se paye, mais elle se justifie », conclut-il.