Un palmarès ne dit pas tout d’un sportif de haut niveau, mais esquisse un statut, une trace dans l’histoire de son sport. Sacré deux fois champion du monde de la spécialité et une fois champion d’Europe, Stéphane Diagana a dominé le 400 mètres haies français pendant plus d’une décennie. Il reste même, à ce jour, détenteur du record de France du 400 mètres haies, dans un temps réalisé en 1995 qui lui avait offert le nouveau record d’Europe, resté la référence continentale jusqu’en 2019.
Stéphane Diagana a prolongé sa vie dans le sport en se faisant un défenseur de la lutte antidopage et aussi le porte-voix du « sport santé ». « Lui-même explique qu’il a d’abord pratiqué le sport pour l’amour du sport, pour le bien-être que ça lui procure, avant de rechercher la performance », situe Sarah Longueville, collaboratrice du Toucan (1) et coordinatrice de la Course Déboîte.
La Course partage
L’instigateur de la Course Déboîte, le médecin généraliste Fabrice Raux, se retrouve dans la philosophie de l’ancien coureur de 400 mètres haies. Peut-être parce qu’il partage avec Stéphane Diagana un passé de sportif de haut niveau, certes moins reconnu, « même si j’ai fait partie, du temps de Stéphane Caron, des vingt meilleurs nageurs français ». Surtout, le propre discours de Fabrice Raux trouve un écho dans celui de Stéphane Diagana. « Quand j’ai eu l’idée de la Course Déboîte, j’avais pour objectif de faire entrer le sport dans les entreprises. »
« Le temps, ça se trouve. Le goût de l’effort, ça se développe »
L’événement a déjà gagné son pari. La dernière édition de cette course à pied entre équipes constituées de collègues, d’entreprises privées, de collectivités, d’associations professionnelles a réuni 130 équipes, issues de 95 entreprises ou organismes différents. Les bénéfices de la Course Déboîte, ses organisateurs du Toucan et Fabrice Rault les consacrent pour partie à soutenir des projets pédagogiques et au profit de la jeunesse. Ils serviront aussi, le jeudi 5 septembre, à offrir à 1 200 auditeurs la venue de Stéphane Diagana pour une conférence opportunément intitulée « le sport, capital santé de l’entreprise ».
« Un état de bien-être »
Fabrice Raux en convient lui-même, « ce sujet du sport comme vecteur de santé revient sans cesse, désormais. En la matière, l’organisation mondiale de la santé (OMS) préconise au moins 30 minutes de marche active par jour. Par “active”, on sous-entend qu’il y ait au moins un petit essoufflement. Atteindre cet objectif n’est pas irréalisable. Les gens trouvent parfois des excuses, mais il est toujours possible de s’organiser, de s’adapter », plaide le docteur Fabrice Raux.
« Au Toucan, un coach vient animer deux séances d’activité physique par semaine et on voit la différence entre celles et ceux qui y participent et ceux qui ne font pas du tout de sport », glisse avec malice Sarah Longueville, adepte de ces séances d’une heure à chaque fois, lui procurant les vertus vantées d’ailleurs par l’OMS, « un état de bien-être physique, mental et social ».
Un mot qui fait peur
Pour s’adresser à un large public, Fabrice Raux se reprend lorsqu’il s’exprime sur le sujet du « sport santé ». « De plus en plus, on parle d’“activité physique” plutôt que de “sport”, un mot qui fait tout de suite peur à des gens que ne s’estiment pas sportifs ». Le médecin généraliste défend, au contraire, l’idée que l’activité physique serait accessible à tous ou presque. Le reste ne serait que prétextes. « Le temps, ça se trouve. Le goût de l’effort, ça se développe. Faire du sport, c’est protéger son corps, renforcer sa musculature, c’est prendre du plaisir, aussi », martèle Fabrice Raux.
Stéphane Diagana viendra à Royan défendre ce même discours : il est établi que la sédentarité, au travail notamment, nuit à un bon état de santé. « On distingue sédentarité passive et active. Passive, on visualise. Moi, je suis l’illustration d’une sédentarité active : je fais du sport en dehors de mon métier, mais je suis assis une bonne partie de mes journées de travail. Le temps que je passe assis est supérieur à celui que je consacre à mes activités sportives. D’ailleurs, dans la deuxième partie de sa conférence, Stéphane Diagana abordera la place du sport dans le monde du travail, ce qu’une entreprise peut mettre en place pour ses salariés. »
Si les entreprises participant à la Course Déboîte et leurs collaborateurs ont reçu prioritairement une invitation à cette conférence, l’événement reste ouvert au grand public. À la seule condition de réserver sa place (2). Et de grimper à la volée les marches qui mènent à l’entrée de l’Espace Cordouan, le jeudi 4 septembre.
(1) Immeuble réunissant quatre sociétés de services, à Royan.
(2) Inscription en remplissant le formulaire à l’adresse my.weezevent.com/conference-stephane-diagana.



