Peter Doherty à Saintes ? C’était un événement dans l’événement, vendredi 22 août, pour le festival Transe Atlantique. L’artiste est un phénomène. Son premier groupe, The Libertines, l’a propulsé sous les projecteurs, au début des années 2000. Les tabloïds se sont régalés de ses frasques, entre sa consommation outrancière de drogue, sa relation avec le top-modèle Kate Moss et son caractère ingérable sur scène. Depuis 2009, il a entamé sa mue.

Anne Lacaud/SO
C’est un autre homme qu’ont découvert les festivaliers, vendredi. Une crème. « Il était d’une accessibilité folle, très nature, spontané, bienveillant, vraiment très authentique. Il est allé écouter tous les autres artistes et il a pris le temps d’aller échanger avec eux sur ce qu’il avait entendu après les concerts », relate Séverine Valéry, bénévole à l’accueil artistes, qui avait pour mission de le « chouchouter ». « Il m’a demandé d’où je venais, il a tout de suite capté dans mon accent que j’utilisais des expressions londoniennes. On a parlé de Londres, des choix de vie, de plein de choses… »

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« Un charisme évident »
On ne l’a pas vu tant que ça dans la chapelle de l’ancien hôpital Saint-Louis, reconverties en loges. Peter Doherty a passé sa soirée à flâner parmi le public, en se prêtant avec le sourire à toutes les conversations et demandes de selfies. « Les gens sont nickel, they are « nice people », répond-il quand on l’aborde, en mélangeant français et anglais. Le chanteur a choisi de vivre en France depuis quinze ans, il est basé en Normandie. Un titre de son dernier album s’appelle « Calvados ».

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Il s’excuserait presque de ne pas prendre le temps de se plonger dans le patrimoine local. « D’habitude, je visite. C’est ce que j’ai fait quand je suis venu à La Sirène, à La Rochelle. Mais là je dois rentrer rapidement pour le “baby” », une petite fille née en 2023.

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« Il a un charisme évident mais il n’en joue pas. C’est un personnage », commente Laurence Besson, la responsable de l’accueil artistes. Un grand gaillard en costume sur un maillot blanc, surmonté d’un chapeau. Il était dans le public pour chanter pendant le concert de Billie, la fille de Matthieu Chedid. Il a aussi partagé des parties de jeux en bois avec ceux qui se trouvaient là.

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« Made with love »
« Bonne soirée, good people of the South West. J’espère que tu comprends l’anglaise », glisse-t-il, seul sur scène avec sa guitare. La voix est parfois sur un fil, l’accordage un peu approximatif, mais on semble tout pardonner à celui qui est revenu de ses enfers intérieurs. « Petit escargot porte sur son dos sa maisonnette », s’amuse à fredonner le jeune papa. Puis, il remercie « Le petit bonheur du Québec » qui lui a servi une spécialité canadienne, la poutine.

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« Je lui avais glissé un petit message, “Made with love”. J’adore sa musique. C’est quelqu’un de solaire », applaudit la cuisinière, Isabelle Longpré-Calligaro. Originaire de Magog, près de Montréal, elle vit depuis huit ans en France, le pays de son mari. « Je travaillais dans une agence de voyages pour les Français. Avec le Covid, je suis revenu à mes anciennes amours. Je fais voyager par la gastronomie. Je viens ici depuis la première édition, c’est vraiment notre festival préféré, à taille humaine. Pour nous, c’est important de faire rayonner le Québec », poursuit celle qui est installée à Vix, en Vendée.

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Étienne Dupré, bassiste de Klô Pelgag, passe goûter à cette cuisine du pays. Il valide. « On adore le festival. Klô a acheté plein de vêtements à la friperie. C’est positif à 360 degrés », commente-t-il. Il paraît même que toute l’équipe de la chanteuse québécoise a gardé un souvenir ancré dans la peau en s’arrêtant au salon de tatouage.

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« Epatés par le lieu »
« Les Québécois sont épatés par le lieu quand ils arrivent ici. Fredz, qui jouait jeudi soir, s’intéressait beaucoup à l’architecture », rapporte Laurence Besson. Pas de demandes extravagantes chez les artistes accueillis à Transe Atlantique. L’équipe veille surtout à ce qu’ils se sentent dans un cocon pour donner le meilleur d’eux-mêmes.
« Merci beaucoup. C’est un grand plaisir pour nous de visiter votre région. See you on the other side, baby ! »

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Peter Doherty enchaîne les balades, parfois accompagné d’un guitariste. Ce n’est pas le soir des fulgurances électriques. Après avoir vanté les magasins du village du festival, le musicien fait sa propre promo. Il dégaine une brassée de numéros de son fanzine, lit un poème puis se met à le vendre en direct depuis la scène. « Merci beaucoup. C’est un grand plaisir pour nous de visiter votre région. See you on the other side, baby ! », lance-t-il avant de s’envoler.


