« Rêveur rêveur », sorti en 2024, est son 18e album studio. Louis Chedid est attendu à Transe Atlantique, le festival franco-québécois de Saintes, jeudi 21 août. Entretien.
Transe Atlantique croise des artistes français et québécois. Quel lien avez-vous avec le Québec ?
J’ai été plusieurs fois faire des concerts à Montréal. C’est un public très chaleureux, curieux, ouvert. Je connais aussi certains artistes comme Robert Charlebois, Diane Dufresne, Ariane Moffat, des gens très talentueux. Il y a un vrai plaisir à partager.
Est-ce différent, un concert au Québec ou en France ?
Chaque concert est différent parce que le public n’est pas le même, comme si mille personnes ne faisaient qu’une. Nous aussi on est différent, on peut avoir le trac, ou pas du tout… C’est comme la vie.
Vous êtes curieux de ce qui sort là-bas ?
Bien sûr. Je suis curieux, mais de tout. Les plateformes musicales sont une bibliothèque mondiale. C’est en écoutant des musiques du monde entier que tout d’un coup, on est inspiré par les autres. Ce serait tristounet de n’être inspiré que par soi-même ! Cela peut venir d’un son de guitare, des harmonies…

Philippe Ménard/SO
Le festival est très « Chédido-compatible » puisqu’il a déjà accueilli votre fils Joseph, en 2022, votre fille Nach, en 2024, et vous ainsi que votre petite-fille Billie, cette année. Vous vous êtes passé le mot ?
Pas du tout ! Je sais que Joseph sera présent vendredi matin pour une conférence concert. Il m’a dit qu’il aimait beaucoup les gens qui organisaient le festival. Et eux doivent bien nous aimer ! Je trouve ça charmant. J’ai vu sur l’affiche qu’il y avait Billie, mais elle passe le vendredi soir, je ne serai plus là.
Que diriez-vous pour nous donner envie d’aller écouter ?
Ce n’est pas évident d’être la fille et la petite-fille de… Elle se débrouille dans son coin, sans rien demander à personne. Elle a 22 ans, beaucoup de talent et elle mène son bout de chemin avec ses musiciens qui sont très bien. Sur scène, les gens réagissent vachement.

Sahteene Sednaoui
Dans mon dernier album, il y a une chanson sur les migrants, qui fait le contrepoids sur ce qui se passe à Gaza. Je suis écœuré. Il ne faut pas assimiler ça à toute la communauté juive, qui n’est pas forcément d’accord avec Netanyahou
Vous avez eu 77 ans le 1er janvier. Qu’est-ce qui vous donne l’envie et l’énergie de composer et tourner encore ?
J’adore ça. Beaucoup de gens me regardent comme une espèce de truc en téflon ! Je suis passionné par ce que je fais. Tout à l’heure, j’étais sur mon ordi, en train de composer. Le jour où je n’ai plus ça… Je suis toujours motivé, ça m’excite. En plus, je suis un peu un « geek ». Il y a tellement de choses intéressantes, des nouvelles technologies en train d’exploser. Quand j’ai fait mon premier disque en 1973, il n’y avait pas de synthétiseur, de boîte à rythme. J’ai eu la chance de connaître toutes les avancées. Je suis très client là-dessus. ça développe la créativité.
Cet éternel « Rêveur, rêveur », titre de votre 18e album studio, c’est vous ?
Oui, c’est moi. J’essaie de m’évader au moins quelques heures par jour en faisant de la musique, en voyant des amis. Il faut s’échapper de la réalité, d’autant que la réalité est assez pesante. On ne peut pas le nier. Plus on est bien dans sa vie, plus on fait du bien aux autres. C’est ce que j’essaie de faire, même si j’ai aussi mes moments de faiblesse. C’est une forme d’hygiène mentale.
Vous chantez la bienveillance et l’amour. Le monde actuel ne vous désespère pas ?
Ah si. L’argent est devenu roi, les gouvernants sont de plus en plus iniques. Je crois en l’humanité. L’être humain est capable de faire des choses quand il est dos au mur, l’histoire nous le montre.
En 1985, dans « Anne ma sœur Anne », vous chantiez « elle ressort la nazi nostalgie ». Quarante ans après, vous la voyez comment, cette chanson ?
Je me suis posé la question. Ce qui se passe dans la réalité, c’est assez difficile. Il n’empêche que je combattrai toujours les mouvements d’extrême droite, qui se déguisent un peu maintenant, qui sont propres sur eux. S’ils arrivent au pouvoir, ce sera catastrophique. Dans mon dernier album, il y a une chanson sur les migrants, qui fait le contrepoids sur ce qui se passe à Gaza. Je suis écœuré. Il ne faut pas assimiler ça à toute la communauté juive, qui n’est pas forcément d’accord avec Netanyahou. J’ai besoin de montrer que je suis contre ce genre de choses.
Jeudi 21 août, Louis Chedid partage l’affiche avec le jeune Québécois Fredz, Frànçois & The Atlas Mountains et Thomas de Pourquery. Vendredi 22 août, voici le fantasque britannique Peter Doherty, la Québécoise Klô Pelgag ainsi que Billie, Vendredi sur Mer et le DJ Pléthore. Samedi 23 août, place à la Québécoise Elisapie et aux Français Papooz, Naive New Beaters et Perceval. Tarifs, 25 à 40 euros la soirée. www.festivaltranseatlantique.com


