« Il a fallu agrandir l’hôtel de Foncillon » : il y a 35 ans, le jubilé du footballeur Dominique Rocheteau à Royan

Août 18, 2025 | Royan

Faut-il rappeler la carrière de Dominique Rocheteau, originaire d’Étaules ? Champion de France à quatre reprises, vainqueur de trois coupes de France, il a aussi disputé 49 rencontres avec l’équipe de France (il a été notamment vainqueur de l’Euro 1984) et n’avait écopé que d’un unique carton jaune en 49 sélections ! C’est évidemment sous le maillot vert de l’AS Saint-Etienne (avec la finale perdue de la Coupe d’Europe en 1976) qu’il a acquis une immense popularité.

De retour en Saintonge depuis quelques années, il jouit toujours d’un immense capital sympathie. Il y a quelques jours, il a dédicacé 200 livres, « Foot sentimental », à la maison de la presse de Royan. Sorti en 2023, son ouvrage a été vendu à près de 40 000 exemplaires. Quant à Philippe Tranchet, il a été l’instigateur de nombreux événements en pays royannais. On citera, par exemple, la venue du groupe The Police en 1980, la création de la radio libre Royan Fréquence en 1981 (avec pour parrain Jean-Jacques Goldman), le Mondial Billes en 1982 et surtout le prestigieux Un Violon sur le sable dont on a fêté la 38e édition. Pour « Sud Ouest », Les deux vieux copains font un voyage dans le temps de 35 ans.

La sélection de ce jubilé : on y reconnaît Dominique Rocheteau bien sûr, Michel Platini, David Ginola, Alain Giresse, Jean Tigana et le champion du monde 1986 : l’Argentin Jorge Burruchaga.
La sélection de ce jubilé : on y reconnaît Dominique Rocheteau bien sûr, Michel Platini, David Ginola, Alain Giresse, Jean Tigana et le champion du monde 1986 : l’Argentin Jorge Burruchaga.
Archives personnelles Philippe Tranchet

Comment vous êtes-vous connus ?

Dominique Rocheteau. Au foot à Royan. Nous avons aussi fait le concours du meilleur footballeur à Royan. J’étais licencié à Étaules, j’étais interne à Royan.

Philippe Tranchet. Nous nous sommes connus à l’école et nous participions aux épreuves sportives. Je n’ai fait qu’une année au lycée de Royan et j’ai été viré. Après je suis allé à Pons puis à Recouvrance à Saintes, là-bas ils m’ont gardé une semaine (rires).

Comment vous êtes-vous retrouvés ?

Philippe Tranchet. Il venait toujours en vacances à Royan. Je t’avais même hébergé chez moi.

Dominique Rocheteau. Oui, c’est vrai. Je t’ai retrouvé lors de l’époque de Royan Fréquence, du mondial de billes.

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Dominique Rocheteau et le capitaine des Girondins de Bordeaux, Patrick Battiston.
Dominique Rocheteau et le capitaine des Girondins de Bordeaux, Patrick Battiston.
Archives personnelles Philippe Tranchet

Comment l’organisation du jubilé a-t-elle été confiée à Philippe ?

Dominique Rocheteau. Jacques Vendroux (journaliste sportif, président du Variété club de France, NDLR) venait souvent en vacances à La Palmyre. Il avait organisé celui de Michel Platini. Je voulais le faire à Royan l’été et pas à Saint-Etienne. En 1989, j’en ai parlé à Philippe et voilà.

Philippe Tranchet. Avant de dire oui, je suis allé demander le soutien de la mairie. Philippe Most, maire de Royan, m’a dit que cela ne poserait aucun problème.

Dominique Rocheteau. Tu t’imaginais ce que cela allait être en termes de sécurité ?

Philippe Tranchet. Non. Aujourd’hui, nous n’aurions plus le droit d’installer les mêmes tribunes. Dès que la mairie a dit oui, j’ai foncé. Le plus compliqué, ça a été l’hôtellerie. Il fallait que tous les joueurs connus soient logés dans le même hôtel. Il a fallu agrandir l’hôtel de Foncillon. Je passais régulièrement sur le chantier pour voir l’avancée des travaux. Je disais aux ouvriers que si l’hôtel n’était pas fini, il n’y aurait pas de jubilé Rocheteau !

Dominique Rocheteau. Nous avions quand même organisé trois rencontres ce jour-là ! J’avais envie de voir mes anciens coéquipiers mais aussi mes copains de Royan. Philippe a tout organisé. Moi, je me suis contenté d’inviter les joueurs.

Philippe Most, maire de Royan, et Dominique Rocheteau. À l’arrière-plan, bras croisés, Philippe Tranchet.
Philippe Most, maire de Royan, et Dominique Rocheteau. À l’arrière-plan, bras croisés, Philippe Tranchet.
Archives personnelles Philippe Tranchet

Quel a été votre meilleur souvenir de ce 19 août 1990 ?

Philippe Tranchet. Quand tout était fini et que tout s’était bien passé. Je n’avais pas dormi les deux nuits avant le jubilé.

Dominique Rocheteau. c’est l’ensemble du jubilé. Tous ces joueurs qui étaient venus pour moi, c’était chouette, une réussite. L’équipe de France était là, le beau temps était aussi de la partie. Et c’était bon enfant. Je ne me souviens plus, tu avais joué ?

Philippe Tranchet. Oui, j’ai joué avec le Variété club de France. À l’époque, à la radio, entre potes, nous avions un code. On s’appelait « fumier ». Quand je suis entré sur le terrain, on entendait des spectateurs scander « fumier ». Un coéquipier m’a dit que j’étais populaire (rires). Il l’avait pris au premier degré.

Dominique Rocheteau avec ses enfants Tom et Lou.
Dominique Rocheteau avec ses enfants Tom et Lou.
Archives personnelles Philippe Tranchet

Quel était votre plus grand stress ?

Philippe Tranchet. C’était de parvenir à mettre 12 000 spectateurs dans ce stade. On a refusé des gens qui étaient venus en car de Saint-Etienne ! Nous avions vendu toutes les places…

Dominique Rocheteau. Je ne savais pas que l’on avait refusé l’entrée à des gens. Moi, j’étais dans l’émotion, dans les vestiaires, avec les joueurs.

Carole Bouquet, Maxime Le Forestier, le professeur Schwartzenberg, vous aviez démarché des stars ?

Dominique Rocheteau. Non. Carole Bouquet était une amie de mon ex-femme. Le professeur Schwartzenberg était proche du Variété et Maxime le Forestier était un bon pote. Je n’avais pas fait la chasse aux stars.

Philippe Tranchet. Jean-Jacques Goldman, qui était le parrain de Royan Fréquence, m’avait téléphoné pour dire qu’il ne viendrait pas.

Carole Bouquet, ici avec l’arbitre Joël Quiniou, et le professeur Léon
Schwartzenberg.
Carole Bouquet, ici avec l’arbitre Joël Quiniou, et le professeur Léon
Schwartzenberg.
Archives personnelles Philippe Tranchet

Quelles anecdotes sulfureuses pouvez-vous dévoiler ?

Philippe Tranchet. Il y en a effectivement mais qui ne sont pas racontables. Après le jubilé, nous étions allés dans la discothèque La Grange. Un bus devait amener tous les joueurs à l’aéroport de Bordeaux à la fin de la nuit. Je comptais tous les joueurs et le car est parti, mais il en manquait un : Luis Fernández. J’ai trouvé un ami pour l’emmener à Bordeaux avec ma voiture. Et moi, j’ai fait une bonne partie à pied pour rejoindre mon domicile (rires).

Vous bénéficiez tous les deux d’une jolie notoriété. Serez-vous candidats aux élections municipales de 2026 ?

Dominique Rocheteau. (Rires) Je fais du vélo avec le maire de mon village, il ne me l’a pas demandé. Je dirai non de toute façon.

Philippe Tranchet. Non, on ne mélange pas les genres.