« Allumons le chaudron, nous allons faire à manger pour toute la troupe », s’exclame Charlotte Magnin, fondatrice de l’association Chaudron et baluchon. Vendredi 15 août, au milieu des tentes de légionnaires romains et des établis d’artisans gaulois, elle se lance dans la cuisson du déjeuner du jour. Elle participe pour la troisième fois au festival gallo-romain Viva Saintes. Cette année, la Légion VI Ferrata partage le camp avec eux.

Mathis Maudet/SO
« On se situe à une période assez méconnue de l’histoire : la « pax Romana », à la fin de la guerre des gaules, après la chute d’Alésia et Uxellodonum. C’est une période où Romains et Gaulois ont cohabité », raconte celle qui se fait surnommer Rosmerta, du nom d’une déesse celtique gauloise, « la divinité de l’eau et une guérisseuse ». Cette période de paix relative a eu lieu lors des Ier et IIe siècle de notre ère au sein de l’empire romain, moment où Mediolanum Santonum a été promue chef-lieu de la Gaule en Aquitaine.
En immersion
Tous les champs de la culture celte sont explorés par l’association. « On essaye de tout faire sous forme de jeux pour vulgariser et transmettre l’histoire », explique la jeune femme, âgée de 34 ans. Ancienne ambulancière, elle a changé de voie professionnelle à cause d’une maladie. « Avec Rosmerta, on vit ce genre de festivals de façon immersive. On dort dans une grande tente », décrit son mari, Thierry Kersse.

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Préparé comme à l’époque, le déjeuner est cuit dans un chaudron, installé pour l’occasion. « L’idée, c’est de démystifier un célèbre personnage gaulois qui mange beaucoup de sanglier. En réalité, les Gaulois n’en mangeaient pas. C’était un animal sacré ». Sanglier ou non, les membres de la troupe de reconstitution de la Légion VI Ferrata se feront un plaisir de partager le repas. Mais avant cela, ils paradent devant le public, à l’instar des légionnaires qui ont conquis les régions de l’Europe pendant l’Antiquité.
« L’idée, c’est de démystifier un célèbre personnage gaulois qui mange beaucoup de sanglier. En réalité, les Gaulois n’en mangeaient pas. C’était un animal sacré »

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Archéologie expérimentale
« Les gars, quand on tourne à droite, le point central est au niveau de la personne à gauche et en tête », s’exclame un des superviseurs de la légion. Munis de leur lance et de leur bouclier, les membres de la Leg VI Ferrata effectuent plusieurs démonstrations dont les techniques de déplacement et de combats. Alexandre, 20 ans et étudiant en histoire, fait partie de la troupe. « C’est la première fois que je viens à Saintes. Ce genre d’événement permet de reconstituer au mieux le mode de vie de l’époque. On va même plus loin en faisant de l’archéologie expérimentale », se réjouit-il.

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En raison des fortes chaleurs, pour une fois, les légionnaires ne dormiront pas sous leur tente. Les animations ont été concentrées en matinée et en soirée.
Le programme réadapté
Samedi 16 août, le camp gallo-romain est ouvert au jardin public (11h-13h et 19h-21h). Avec aussi l’écurie romaine, les démonstrations de l’école de gladiature, et des visites guidées. Salle des Jacobins et place de l’Échevinage (11h-13h), Coyote Minute rhabille le public à la mode antique et le fait jouer aux « 12 travaux de Mediolanum ». Pas d’animations entre 14 et 19 heures, mais des propositions décalées le matin autour du marché Saint-Pierre : saynètes avec Coyote Minute, concours d’éloquence, défilé de mode et défilé de la légion.
De 19 à 20 heures, spectacle de théâtre burlesque antique, « La naissance de Rome, Romulus et Remus », par la Cie Coyote Minute. À 21 heures, soirée « années 80 » place Bassompierre, avec DJ Nostalgie. Les animations sont gratuites, sauf les visites guidées (5 euros).

