À Jazz au phare, Sheila enflamme la scène et réveille les souvenirs d’une génération

Août 7, 2025 | Royan

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Du 3 au 7 août, le festival Jazz au phare revient pour une 16ᵉ édition au pied du phare des Baleines. Une programmation mêlant têtes d’affiche et découvertes musicales, dans un cadre exceptionnel

En première partie, Kicca et Oscar Marchioni ont interprété « Alegre Me Siento », porté par un groove chaleureux et envoûtant.
En première partie, Kicca et Oscar Marchioni ont interprété « Alegre Me Siento », porté par un groove chaleureux et envoûtant.
Ismaël Anani

Sheila entre en scène, ovationnée

À 22 heures tapantes, alors que la nuit recouvre entièrement la scène entre le phare et la vieille tour, les spectateurs ne tiennent plus en place. Des « Sheila ! Sheila ! Sheila ! » éclatent dans un tonnerre d’applaudissements. À près de 80 ans, l’icône de la chanson française est très attendue. Et elle n’a pas tardé à prendre le relais, énergique et souriante, comme portée par l’enthousiasme du public. Loin de la diva figée, Sheila rit, plaisante, échange avec le public. On sent qu’elle prend plaisir à être là. Presque comme si rien ne pourrait jamais l’en faire descendre. Une présence scénique indéniable, intacte, après plus de soixante ans de carrière.

Des « Sheila ! Sheila ! Sheila ! » éclatent dans un tonnerre d’applaudissements.
Des « Sheila ! Sheila ! Sheila ! » éclatent dans un tonnerre d’applaudissements.
Ismaël Anani

Nouveaux titres et tubes éternels

Accompagnée du groupe H-Taag, elle entame son concert avec quelques titres récents, tirés de son dernier album. Le public reste poli, mais un peu tiède. Les réactions changent du tout au tout lorsqu’elle annonce : « Je vais faire travailler votre mémoire, on va partir ensemble dans les années 70. » Immédiatement, la foule s’anime, les sourires se multiplient, et les refrains familiers fusent. Les bras se lèvent, les épaules se balancent. Pas de doute, c’est ce répertoire-là que les spectateurs attendent.

Dans la foule, les têtes sont majoritairement grisonnantes. Difficile de repérer des spectateurs de moins de cinquante ans. Mais la ferveur est bien là. Murielle est intarissable : « Je suis fan depuis que j’ai 14 ans », dit-elle, les yeux brillants. Elle ne veut pas dévoiler son âge mais laisse comprendre qu’elle est une admiratrice de la première heure.

Une présence scénique indéniable, intacte, après plus de soixante ans de carrière.
Une présence scénique indéniable, intacte, après plus de soixante ans de carrière.
Ismaël Anani

« Il manque un peu d’ambiance »

Plus loin, Léah et Jules détonnent. À peine la vingtaine et discrets, ils ne sont pas venus pour Sheila à l’origine. « Ce sont les places de mes parents, mais ont eu un empêchement », explique Jules. « On trouve qu’il manque un peu d’ambiance », confient-ils, mi-amusés, mi-déçus. Un ressenti compréhensible : le public, chaleureux mais peu démonstratif, semble parfois plus dans l’écoute que dans la fête.