Il était 2 heures du matin, dans la nuit du vendredi 20 au samedi 21 juin. Beaucoup de Saintais dormaient les fenêtres grandes ouvertes en raison de la chaleur. Soudain, une longue pétarade a réveillé la rive droite. Pendant plusieurs minutes, un feu d’artifice a été tiré depuis un jardin du quartier Saint-Pallais. Sur les réseaux sociaux, cette salve sauvage a suscité de nombreuses réactions agacées. Pourquoi la police n’est-elle pas intervenue ? Tout simplement parce qu’elle indique n’avoir reçu absolument aucun appel à ce sujet dans la nuit, et qu’elle n’avait pas connaissance des faits.
« Cela arrive fréquemment aux abords de la prison. Ces feux sont très courts, donc il est difficile pour la police d’agir. D’où l’importance de la vidéosurveillance pour identifier les auteurs. C’est une préoccupation pour moi. La sécurité publique est l’affaire de tous », réagit le maire, Bruno Drapron, qui se prépare à annoncer la mise en place de nouvelles mesures, à l’occasion de l’arrivée d’un commissaire à la tête du commissariat de Saintes.
Cela fait plusieurs années que des mortiers sont tirés près de la maison d’arrêt, par exemple pour fêter l’anniversaire d’un proche détenu à l’intérieur. Samedi matin, le cas était différent. Il s’agirait de particuliers qui avaient décidé de faire la fête, rue Saint-Pallais. « Ils ont prévenu les voisins. Par contre, on n’était pas avisés pour le feu d’artifice », confie une riveraine. Elle glisse au passage son ras-le-bol face à une montée des incivilités. « Il y a des gens ivres qui s’engueulent, des personnes qui traversent le quartier en écoutant la musique à fond, en pleine nuit. Si on fait une remarque, on se fait insulter. »
Le tir de feux d’artifice par des particuliers semble se multiplier à Saintes, un phénomène qui interroge. Dimanche 15 juin, cela a donné lieu à des tensions, dans le quartier Bellevue. Des individus auraient dirigé des fusées vers une patrouille de police qui intervenait. Dans le contexte actuel de grande chaleur, les feux d’artifice sont interdits par arrêté préfectoral. Ils peuvent être sanctionnés par une amende de 400 euros. Au-delà de l’incivilité, alors que le risque d’incendie est grand, ce geste tient de l’inconscience…


