Port de La Rochelle : les céréales ont pris un coup de froid lors de la campagne 2024-2025

Juin 21, 2025 | Royan

Alors que le thermomètre démarrait son ascension vertigineuse, les acteurs des filières agroalimentaires ont célébré le dixième anniversaire de la Bourse maritime agricole La Rochelle-Pallice, un rendez-vous d’affaires qui se tenait le 20 juin au port de commerce. L’occasion de dresser le bilan annuel sur les trois volets complémentaires de l’activité : les céréales, les engrais et l’alimentation animale. La campagne céréalière a démarré au début de l’été 2024 pour s’achever en ce mois de juin. Pour les fertilisants comme pour les produits destinés à l’alimentation animale, l’analyse est calée sur l’année civile 2024.

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Tributaire des mauvaises récoltes de l’an passé dans les campagnes françaises – l’excès de précipitations et le déficit d’ensoleillement ont inscrit les rendements à la baisse – l’export maritime de céréales a particulièrement souffert. « L’export, c’est la variable d’ajustement », rappelle Jean-François Lépy, le directeur général de Soufflet Négoce by In Vivo. Pour compenser, l’entreprise a pu compter sur une bonne tenue de l’orge de brasserie et du maïs, dont les sorties ont compté pour 450 000 tonnes. Avec, notamment, un bateau de 70 000 tonnes à destination de Tarragone, en Espagne.

Du côté d’un autre acteur portuaire majeur, Sica Atlantique, on n’hésite pas à dire que la dernière campagne était « l’une des plus mauvaises de ces trente dernières années », selon le mot de Vincent Poudevigne, le directeur général du groupe. Sica Atlantique a expédié 1,4 million de tonnes, surtout vers l’Europe et le Maroc. Soit une baisse de 35 % à 40 % par rapport à la campagne précédente. « Normalement, on se situe plutôt autour de 2,4 millions de tonnes », ajoute Vincent Poudevigne. Les opérateurs escomptent en revanche un net regain pour la campagne 2025-2026 qui démarre. La moisson devrait être précoce et abondante, mais les prix bas pourraient casser l’ambiance.

Le bilan est nettement plus favorable pour les fertilisants agricoles et l’alimentation animale. Au contraire des céréales, on parle là de produits importés. Pour les engrais, 2024 est le calque de l’année 2023 en termes de tonnage, avec 490 000 tonnes débarquées selon la répartition suivante : 60 % de produits azotés, 40 % de produits phosphatés et de potasse. L’Égypte et les Pays-Bas ont été les deux gros pourvoyeurs, avec l’Algérie qui continue d’exporter ses fertilisants sur la façade atlantique alors qu’elle boycotte de fait les céréales made in France.

Directeur d’Atena (Groupe Sica Atlantique), Guillaume Rémy met l’accent sur le nouvel outil dont il dispose, un mélangeur qui permet de recevoir de la marchandise par train pour le marché français. 38 000 tonnes ont été traitées par ce moyen en 2024.

Pour l’alimentation animale, François-Georges Kühn, le président d’AMLP/Groupe maritime Kühn et d’EVA (Établissement vraquier de l’Atlantique) enregistre avec satisfaction une hausse de 16 % des importations en 2024 par rapport à 2023. La marchandise, des tourteaux de soja, arrive d’Amérique du Sud.