La préfecture interdit toute manifestation contre la Nuit du bien commun à Nantes

Juin 3, 2025 | Nantes

Société

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Plusieurs organisations syndicales et politiques appellent à manifester jeudi soir en marge de la Nuit du bien commun organisée à la Cité des congrès à Nantes.

La Nuit du bien commun à Nantes est un évènement qui permet de lever des fonds pour des associations. C’est en apparence une simple soirée caritative qui ne mérite aucun reproche.

Mais derrière cette soirée de bienfaisance se jouerait des intérêts politiques. L’un des fondateurs de la Nuit du bien commun est l’homme d’affaires Pierre-Edouard Stérin, proche de l’extrême-droite. Il a mis en place un plan baptisé « Périclès » qui vise à promouvoir les idées du Rassemblement national et aider le parti à prendre le pouvoir en France.

Pour atteindre ce but, « le milliardaire organise différents évènements, dont la Nuit du bien commun », nous expliquait la semaine passée Marie Vitoux, adjointe à la maire de Nantes et coprésidente du groupe des élus écologistes et citoyens.

C’est hors de question d’avoir ce type d’événement sur notre territoire. Nantes, c’est historiquement une terre de résistance : une terre de résistance à l’extrême droite et au fascisme.

Adjointe à la Mairie de Nantes

L’élue fait partie du collectif SCAS (section carrément anti-Stérin) qui proteste contre la tenue de ces galas dans toute la France. Une soixantaine de personnes en Loire-Atlantique l’ont rejoint : des militants des Soulèvements de la terre, des membres de la Ligue des droits de l’Homme, des syndicats et des personnalités politiques de gauche.

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Jeudi soir, des rassemblements « non déclarés » sont donc prévus en marge de la Nuit du bien commun. Le préfet de Loire-Atlantique les a interdits par arrêté, craignant les débordements.

« Les services spécialisés de sécurité évaluent les opposants au nombre de 400 à 800, dont 150 à 200 militants formant un groupe à risque a minima », précise le préfet dans son arrêté pris ce mardi 3 juin.

« Aucune déclaration n’a été déposée auprès du Préfet de la Loire-Atlantique pour cette manifestation, précisant le nombre prévisible de participants, ainsi que les mesures envisagées par l’organisateur pour garantir la sécurité, la salubrité et la tranquillité publiques », précise l’arrêté.

Le préfet rappelle de précédents débordements en marge de cette Nuit du bien commun dans d’autres villes de France « au Grand théâtre de Tours, le 6 mai 2025, 350 manifestants se sont rassemblés. Des individus ont réussi à dégonfler les pneus des véhicules des forces de l’ordre obligeant celles-ci à se repositionner et à faire usage de gaz lacrymogène. En novembre 2024, la soirée organisée à Rennes a été perturbée par un rassemblement non déclaré de militants d’extrême gauche. Environ 300 personnes se sont réunies place Sainte-Anne, provoquant la fermeture de terrasses et nécessitant l’intervention des forces de l’ordre, qui ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants ».

Le préfet interdit tout rassemblement du jeudi 15 juin, 15 heures au vendredi 16 juin, 8 heures, dans le périmètre ci-dessous.

Les rassemblements contre la Nuit du bien commun interdits dans ce périmètre du 15 juin 15 h au 16 juin 8 h
Les rassemblements contre la Nuit du bien commun interdits dans ce périmètre du 15 juin 15 h au 16 juin 8 h

© Préfecture de Loire-Atlantique

Il interdit également « le port et le transport, sans motif légitime, d’objets pouvant constituer une arme », « d’artifices de divertissement » ainsi que « l’enlèvement ou le transport de tout carburant, par jerricans, cubitainers, bidons, flacons ou récipients divers, sans motif légitime ».

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