Le Fise de Montpellier veut changer de dimension à l’international

Mai 30, 2025 | Montpellier

Organisé depuis 1997 à Montpellier, le Fise (Festival international des sports extrêmes) poursuit son développement, veut continuer à innover et grandir à l’international. Avec l’objectif de 20 événements de référence autour du monde d’ici 2032, pour surfer sur « l’effet JO ».

D’un « petit » projet étudiant en 1997 au plus grand rendez-vous international des sports extrêmes dans le monde, le Fise (Festival international des sports extrêmes) a déjà bien changé et grandi en près de 30 ans. Mais cette année, les dirigeants annoncent vouloir passer une vitesse supplémentaire.

L’ÉQUIPE
L’ÉQUIPE

La liste des annonces officialisées cette semaine est marquante : d’ici 2032, le Fise veut compter sur un circuit à plusieurs niveaux (international, national et local), 20 étapes « World Series » comme celle de Montpellier, « au moins trois événements nationaux dans chaque pays accueillant une World Series » et un classement mondial à l’issue de la saison dans chaque discipline. Avec l’idée de s’ouvrir au circuit FIBA de basket 3×3, à l’escalade de bloc, au parkour et encore à la moto freestyle électrique et de réaliser une « expansion stratégique » dans plusieurs régions (États-Unis, Amérique du Sud, Grande-Bretagne, Allemagne, Scandinavie, Chine, Japon, Corée du Sud, Inde, Australie et Moyen-Orient). Du lourd.

Le Fise de Montpellier (4,1 m de budget cette année) regroupe 15 disciplines en compétition, dont trois olympiques (BMX freestyle park, skateboard street, basket 3×3), pour 4 Coupes du monde « officielles » (liés à l’UCI et la FIG). Plus de 80 compétitions sont organisées sur 9 aires sportives, pour plus de 1 400 athlètes de 52 pays.

Le projet se rapprocherait alors à ce qui se fait en Moto GP, en tennis ou en F1, les sports plus « classiques ». « On veut réussir à créer une bonne fan base qui arrive à suivre le sport toute l’année, confirme Valentin Guyonnet, nouveau directeur commercial de Hurricane Group. Après les Jeux, on a vu l’appétit autour des sports urbains, donc c’est le moment de mettre un coup d’accélérateur. C’est vraiment la continuité de ce qu’a fait le Fise depuis trente ans. »

La clé, c’est pas juste un événement one-shot, mais de l’événementiel c’est toute l’année. On veut se rapprocher, tous ensemble réunis, de la popularité des « main sports ».

Hervé André-Benoît, créateur du Fise

L’ÉQUIPE
L’ÉQUIPE

Forcément, le groupe veut continuer à surfer sur la perspective des JO à Los Angeles en 2028 et Brisbane 2032, deux pays incontournables de sports urbains, persuadé que c’est en regroupant ces disciplines que le milieu peut avancer plus vite et fort. « C’est un grand pas en avant pour nos sports, apprécie Anthony Jeanjean, numéro un mondial de BMX et médaillé de bronze des JO 2024. Plus on a d’événements, mieux c’est. C’est bien pour la discipline, pour le public, pour tous les jeunes dans le monde qui vont découvrir ces sports, comme moi je l’ai découvert ici à Montpellier. »

Le groupe Hurricane (organisateur d’événements comme le Fise et spécialisé dans la construction de parks) veut continuer à innover, que ce soit dans les formats de compétition (création d’une épreuve de parc fusion – mélange de street et park, les deux disciplines des JO) comme dans les infrastructures. Depuis longtemps, le Fise de Montpellier, dont l’entrée est passée payante depuis l’an dernier, a poussé pour l’entrée dans le giron olympique de ces sports urbains. Diverses équipes et observateurs du CIO, des COJO de Tokyo ou Paris, ont arpenté les rives du Lez ces dernières années.

Le Fise, rendez-vous incontournable des sports extrêmes. (B. Seon/Hurricane/Fise)
Le Fise, rendez-vous incontournable des sports extrêmes. (B. Seon/Hurricane/Fise)

« On sent que c’est le moment clé, appuie Hervé André-Benoît. On veut ouvrir des Fise Académie (sorte de centre de formation) dans plusieurs pays, organiser des événements locaux, pousser à l’implantation de skateparks… Avoir le même modèle que celui qu’on a développé en France. La clé, c’est pas juste un événement one-shot, mais de l’événementiel c’est toute l’année. On veut se rapprocher, tous ensemble réunis, de la popularité des « main sports ». »

Le groupe a bien lancé le circuit Fise World Series en 2014 mais le tour a été bien freiné par la pandémie du Covid-19. Pour réussir à concrétiser ces fortes annonces, il faudra réussir à cumuler des sponsors d’envergure et des partenariats avec les villes, d’où la vision à long terme et l’objectif d’une stabilité de calendrier, pour attirer les investisseurs. Quatre dates internationales, toutes en Asie, sont annoncées cette année : Macau, Shanghai, Sakai et Hangzhou.

Ce projet serait, pour Hervé André-Benoît, « l’accomplissement de mon rêve depuis 30 ans » : « Si toutes les semaines, il se passe quelque chose dans le monde, qu’on voit le nombre de pratiquants multiplié par 2, 5 ou 10… Là, j’aurais vraiment amené une petite pierre pour développer les « actions sport » dans le monde. »