De son père photographe, Nicolas Gédovius a appris la rigueur du cadrage. Sa mère, elle, lui a transmis un état d’esprit positif qui peut se résumer en une phrase : « la vie est belle ».

Nicolas Gédovius
Ce double modèle parental transparaît depuis des années dans les clichés que le Royannais prend de la ville où il a toujours vécu. Sur son terrain de jeu favori, il cherche sans relâche, ce qui fera la différence, ce petit pas de côté qui le démarque de ses congénères. C’est ainsi que l’idée lui est venue un jour de shooter Royan depuis son kayak. Un point de vue différent qui a fait sa marque dans les années 2010 surfant sur l’essor de Facebook.
Aujourd’hui, il innove encore avec l’outil moderne qu’est l’intelligence artificielle. « L’IA, ça génère de la peur chez les gens et c’est un peu normal. Mais on peut aussi la voir comme étant au service de belles choses comme dans le domaine de la photo, exprime Nicolas Gédovius. Depuis environ deux mois, je m’y adonne et c’est chronophage mais je m’amuse beaucoup. »

Nicolas Gédovius
Morale américaine
Le titulaire d’un CAP photo qui a appris le tirage argentique à l’ancienne est donc maintenant immergé dans les nouvelles technologies pour mettre en scène les lieux emblématiques de Royan : les nouveaux pavillons de restauration du front de mer transformés en « diners américains », des palmiers qui donnent à Royan un air californien, des immeubles qui se reflètent dans des lunettes de soleil, John Lennon et Yoko Ono dans l’église Notre Dame… L’artiste n’a plus de limites, sauf celles que lui impose Chat GPT ! « Ce sont des outils américains, ils me refusent beaucoup de choses qui ne rentrent pas dans leur vision de la morale assez puritaine, indique Nicolas Gédovius. Sur un de mes montages ambiance années 80, j’ai eu de la chance, j’ai pu faire passer une cigarette que fume une femme sur un transat. Mais les photos trop subversives sont refusées. J’ai essayé avec l’IA chinoise mais ce n’est guère mieux. »

Nathalie Daury-Pain
Pour son malin plaisir personnel, il est toutefois arrivé à mettre en scène une religieuse qui boit un verre de vin dans l’église du Parc ! « Ma femme me dit souvent que je suis un rêveur, que je me réfugie dans mon monde. Avec l’IA, je peux aller encore plus loin dans mes délires. »
La vitrine des réseaux
La page Instagram qu’il consacre à ses nouvelles œuvres a tapé dans l’œil de nombre de restaurateurs royannais. La Cazuela, Le Café du parc, La Beun’aise ou l’Iguana exposent ou même passent commande à Nicolas Gédovius. « Les réseaux sociaux sont utiles pour ça, c’est une vitrine. Le revers de la médaille c’est que chacun étant armé d’un téléphone, les photos deviennent des produits de consommation comme les autres. Aujourd’hui, plus grand monde accepte de payer pour un travail photographique. »
Toutefois, il espère trouver une clientèle, y compris de particuliers, en proposant des tirages limités à 50 exemplaires sur papier photo. Un créneau que celui qui, par pudeur a du mal à photographier l’humain, compte bien exploiter. Jusqu’à sa prochaine idée originale…
Page Instagram : gedo.17/Contact : gedoroyan@gmail.com


