Trafic de drogue à Royan : deux hommes condamnés à des peines de prison ferme

Mai 23, 2025 | Royan

« Ce n’est pas Ali mon revendeur, je n’ai pas déclaré ça en garde à vue », jure Kevin Gourdin, Royannais de 41 ans. « Qui c’est alors ? » insiste le président Jérôme Hars. « Je n’ai pas envie d’avoir de problèmes. »

Le longiligne quadragénaire, aux traits creusés, n’est pas à l’aise. À sa droite, Ali Asrih, 37 ans, maintient la même version depuis le début de cette affaire démarrée au mois de janvier : il n’est pas le fournisseur que pensent avoir débusqué les policiers royannais. Selon lui, ses deux voisins de box « savent qui a fourni ».

Vendredi 23 mai, les deux hommes ont répondu d’une série d’infractions à la législation sur les stupéfiants, commise entre janvier et mars 2025. Un troisième était renvoyé devant la justice, impliqué dans une moindre mesure, plus consommateur que revendeur.

Le tribunal judiciaire de Saintes les a reconnus coupables. Ali Asrih écope de quatre ans de prison dont un an de sursis probatoire pendant deux ans. Kévin Gourdin, lui, a été condamné à trois ans de prison dont un an de sursis probatoire (même durée). Le maintien en détention a été prononcé dans les deux cas. Quant au troisième, âgé de 42 ans, le tribunal a choisi de ne pas l’envoyer derrière les barreaux. Avec une peine de deux ans de prison dont un an avec sursis probatoire, il va pouvoir bénéficier d’un aménagement de peine (bracelet électronique).

Début janvier, les policiers royannais ont été alertés par un renseignement anonyme de l’activité de Kévin Gourdin. Celui qui travaille dans le bâtiment écoule des quantités non négligeables de produits stupéfiants : 600 g de cocaïne, 1 kilo d’héroïne et 2 kilos de cannabis. Pendant trois mois, les enquêteurs mettent en place une filature, étudient la téléphonie. Le Royannais se rend souvent à Rochefort chez Ali Asrih. « Il m’a parfois vendu du cannabis mais c’est tout », soutient le quadragénaire. « Je ne le connais que pour l’achat d’une voiture », s’emporte le fournisseur présumé.

Lors de la perquisition, 5 g de cannabis et 205 euros ont été saisis. L’homme s’est débarrassé dans les toilettes d’un sachet de coke. « La géolocalisation du numéro du supposé fournisseur a disparu des cotes, affirme Me Loisel, son avocat. On aurait pu savoir où il habite, c’était un énorme élément à décharge pour mon client. » Le tribunal ne l’a pas vu de cet œil.