Ils ont connu les paillettes du Festival de Cannes, enregistré une émission de la Star Academy. Le succès du film « En fanfare » (2,6 millions d’entrées) a propulsé les musiciens de l’Harmonie municipale des mineurs de Lallaing dans une sacrée « aventure humaine ». Vendredi 16 mai, trois de ses membres, Olivier Viellard, Micheline et Henri Dufour, assistaient en vedettes modestes à un joli programme mêlant musique et cinéma à Saint-Savinien.

Philippe Ménard/SO
À 627 km de distance, les musiciens partagent la même passion et les mêmes préoccupations. « Au début du XXe siècle, il y avait trois harmonies-fanfares rien que pour Saint-Savinien. Cela s’est perdu », constate Claude Guichard, président du Cercle musical de Saint-Savinien.
Avant le tournage, on était dans le creux de la vague. Un peu comme dans le film, on avait perdu notre chef
L’Harmonie musicale des Trois Vals a sauvé sa peau en fusionnant les ensembles de Saint-Savinien, Saint-Jean-d’Angély et Matha. « Il y a une vingtaine d’années, on était 60 musiciens, on n’est plus que 35. Des projets comme celui-là visent à donner envie de nous rejoindre », poursuit celui qui y tient vaillamment le trombone.
Difficile renouvellement
Dans le Nord, cette approche populaire de la pratique musicale reste bien ancrée. « Notre harmonie a une histoire de plus de 150 ans. C’était la pleine période de la mine, un métier difficile. L’harmonie était financée avec l’aide des houillères. Même s’il n’y a plus d’anciens mineurs dans nos rangs, on entretient cette tradition. L’un de nos deux costumes en porte les couleurs », décrit Olivier Viellard. Il joue de la basse depuis vingt ans dans l’harmonie, où il a rejoint sa femme et sa belle-famille.
« On a les mêmes problèmes que d’autres. Il y a moins de recrutements, les jeunes se lassent vite. Notre école de musique forme les enfants, mais quand ils font des études, on les perd. Dans les années 1950, il y avait du boulot dans les environs, ce n’est plus le cas. C’est compliqué pour la gestion des pupitres », note Henri Dufour, l’un des chefs. « Avant le tournage, on était dans le creux de la vague. Un peu comme dans le film, on avait perdu notre chef. On s’est mis à trois chefs pour diriger, et on a adopté un répertoire plus à la mode. »

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« Une fierté »
Le carton du film n’a pas encore regonflé les troupes, mais il a « fidélisé » les plus jeunes, note Micheline Dufour, présidente de l’harmonie, qui y joue de la flûte traversière depuis l’enfance. L’ensemble de Lallaing (6 200 habitants) reçoit plus de sollicitations. Une invitation comme celle de Saint-Savinien constituait une première. « C’est une fierté pour notre harmonie, pour la commune », apprécient les Nordistes.

Philippe Ménard/SO
Vendredi soir, la projection était précédée d’une aubade offerte par l’Harmonie musicale des Trois Vals dans la cour du cinéma Le Florida. Samedi, un concert réunissait l’harmonie, l’Orchestre symphonique des Vals de Saintonge et le Chœur Évasion, avec la participation des invités de Lallaing. Le compositeur de la BO du film, Michel Petrossian, a offert une réorchestration pour l’occasion. Une belle façon d’entretenir l’amour de la musique et du cinéma et de nourrir les vocations.


