Michel Feltin-Palas à Marennes-Hiers-Brouage : « Le français n’est pas supérieur au bourguignon, à l’occitan ou au saintongeais »

Mai 15, 2025 | Royan

Le journaliste Michel Feltin-Palas est un amoureux des langues. Auteur et conférencier, il s’est donné pour cheval de bataille la défense des langues régionales, pour que le français reste notre langue commune, sans devenir notre langue unique.

Il animera une conférence gratuite sur les langues, ce vendredi 16 mai à 18 heures à la Maison des initiatives et des services.

Sur le même sujet

Marennes-Hiers-Brouage célèbre la francophonie avec le festival FrancoFiesta

Marennes-Hiers-Brouage célèbre la francophonie avec le festival FrancoFiesta

La nouvelle édition du festival FrancoFiesta se déroulera les 16 et 17 mai à Marennes-Hiers-Brouage, avec des rencontres, une conférence, une kermesse et un concert

Vous défendez les langues régionales. D’où vous vient cet intérêt ?

Mes origines sont béarnaises et, bien que vivant à Paris, j’étais immergé dans une petite société béarnaise où on parlait cette langue dans tout le village, comme il y a mille ans. Et c’est en voyant cette langue décliner à l’échelle de ma vie que j’ai commencé à m’y intéresser. Cela fait vingt ans que je travaille sur les langues, je peux dire aujourd’hui que toutes les langues régionales sont égales. L’une est devenue la langue officielle, le français, mais elle n’est pas supérieure au bourguignon, à l’occitan ou au saintongeais.

Vous n’aimez pas le terme de patois, pourquoi ?

C’est extrêmement péjoratif, parler patois, ça veut dire parler avec les pattes, gesticuler. Ce terme a été inventé pour décourager les enfants de parler leur langue régionale, pour dénigrer ces langues, il y a une vraie violence symbolique derrière ce terme.

Y a-t-il des similitudes entre ces langues régionales ?

Elles viennent toutes du latin, la base est donc la même, comme le français, le roumain, l’espagnol… simplement certaines sont devenues officielles et d’autres non. Le saintongeais a la particularité en plus d’avoir eu une évolution particulière, à cheval entre la langue d’oïl et la langue d’Oc. C’est une langue très intéressante pour les linguistes, d’une grande richesse.

Quelle est la place des langues régionales chez les jeunes générations ?

Sur des territoires à forte identité, il y a une forte demande chez les jeunes, il n’y a qu’à voir la scène musicale occitane, qui est très créatrice. Mais sur d’autres territoires, c’est plus compliqué. Une langue ne décline pas par hasard, c’est le résultat d’une politique hostile.