Tribunal de La Rochelle : accusé d’avoir roué de coups un ami, il reste en prison jusqu’au jugement

Mai 12, 2025 | Royan

Il entre à petits pas dans la salle du tribunal judiciaire de La Rochelle où se tient l’audience consacrée aux comparutions immédiates. Le cou enserré par une minerve, le regard douloureux derrière le verre de ses lunettes. Le 3 mai dernier, ce Rochelais a cru sa dernière heure venue quand l’une de ses connaissances l’a violemment frappé à son domicile alors que les deux hommes partageaient un verre avec un couple d’amis. Fracture de la mâchoire, lésion à la colonne vertébrale et 42 jours d’interruption temporaire de travail (ITT), l’addition est salée. Motif ? L’agresseur, alcoolisé, n’aurait pas apprécié l’attitude de l’hôte envers la femme du couple d’amis.

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Le mis en cause a été arrêté à Capbreton ce mercredi 7 mai pour des faits de violences graves et de vol de véhicule commis à La Rochelle quatre jours auparavant

L’agresseur – présumé innocent, même s’il a reconnu les faits – est dans le box de verre réservé aux prévenus. Grand, calme, poli, la mèche rabattue sur le front, le blouson attaché à la taille. Il a été interpellé le 7 mai à Capbreton, dans les Landes, après avoir « emprunté » la voiture de la victime. Il a été immédiatement incarcéré. « Il n’était pas en train de prendre la fuite », assure son avocate, Me Mylène Bouquet, qui indique qu’il a toujours honoré ses rendez-vous avec la justice. Sur ce point, le procureur, Clément Incerti, acquiesce.

Âgé de 29 ans, originaire de la Mayenne, sans domicile fixe mais titulaire d’un contrat de travail, le justiciable affiche une vingtaine de condamnations en dix ans. Le président, Paul Roubeix, en récite stoïquement la litanie. Des délits routiers mais aussi des violences répétées qui ont valu au prévenu des séjours en prison. Ses deux dernières condamnations remontent au mois d’avril dernier. La justice a du mal à suivre.

Apparemment, l’homme a de sérieux problèmes d’auto-contrôle quand il a bu. Il réclame un délai pour préparer sa défense. Conformément aux réquisitions, le tribunal décide de le maintenir en détention jusqu’à l’audience, le 23 juin prochain. Toujours aimable, le prévenu se lève, lâche « bonne journée, au revoir » aux magistrats et s’en retourne avec l’escorte.