Johanna Rolland, maire de Nantes et n°2 du PS, choisit, en vue du second tour de l’élection municipale, de s’allier à La France insoumise. Il s’agit d’une « fusion démocratique », sans programme commun. Et, en cas de victoire, les dix élus Insoumis siègeront dans l’opposition.
Après des heures de tractations, Johanna Rolland est sortie de son silence. Dans un communiqué publié lundi 16 mars à 19 heures, la liste La Gauche unie pour Nantes, menée par la maire PS, annonce une « fusion démocratique » avec la liste Nouvelle Nantes, conduite par La France insoumise. Socialistes et écologistes, unis dès le premier tour, expliquent que « le maintien d’une triangulaire au second tour ouvrait un risque impardonnable : celui de voir la droite l’emporter malgré une gauche majoritaire dans la ville. » Johanna Rolland et ses colistiers y voient « un réel danger pour les Nantaises et les Nantais en général, et les classes moyennes et populaires en particulier. »
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La Gauche unie pour Nantes a donc choisi de « lancer un appel à toutes celles et tous ceux qui veulent faire barrage à cette union des droites ultraconservatrices et de l’extrême droite », représentée à Nantes par le candidat de la droite et du centre, Foulques Chombart de Lauwe. Pour elle, cette fusion est l’occasion de « redessiner la gauche » tout en ne tergiversant pas sur ses valeurs, soit « la justice sociale et écologique, la démocratie et le débat apaisé, le refus du racisme, de l’antisémitisme et de l’islamophobie et le respect des libertés fondamentales ».
Si la gauche est élue à Nantes, les élus Insoumis siègeront dans l’opposition
L’accord prévoit que, en cas de victoire, dix sièges soient réservés aux Insoumis. En revanche – et c’est là que cette « fusion démocratique » n’a rien d’habituel – les deux listes ne concluent pas d’accord sur le programme. C’est le projet de la Gauche unie qui est porté devant les électeurs au second tour de l’élection municipale. Là où cet accord se révèle encore plus complexe, c’est que les candidats insoumis « siégeront dans l’opposition ». Le chemin est à « inventer », comme il est écrit dans le communiqué.
Mais pour Johanna Rolland, maire de Nantes depuis 12 ans, c’est toujours préférable aux propositions portées par Foulques Chombart de Lauwe: « Est-il raisonnable de remettre en cause la gratuité des transports en commun le week-end ? De vendre du logement social au moment où tant de familles peinent à se loger dignement ? D’affaiblir les associations qui font vivre nos quartiers ? De contester l’égalité entre les femmes et les hommes alors que tant de combats restent à mener ? C’est ce que propose le candidat de droite. »
Foulques Chombart de Lauwe accuse Johanna Rolland de trahir les valeurs républicaines
La réaction de l’intéressé ne s’est pas fait attendre. Sur X, il fustige un « accord technique avec LFI… qui siègera dans son opposition !!! » Il accuse la maire de Nantes de trahir les valeurs républicaines « en s’alliant avec un parti antisémite, violent, qui prône la haine de la police. » Toujours selon le candidat Les Républicains, « Nantes sera paralysée pendant 6 ans » car Johanna Rolland n’aura pas de majorité pour agir.
Margot Medkour voulait l’union au second tour entre les trois listes de gauche
Une autre est furieuse ce lundi soir contre Johanna Rolland, il s’agit de Margot Medkour, tête de liste de Nantes populaire. Cette figure de la gauche radicale à Nantes a obtenu 5,5 % au 1ᵉʳ tour. Et dès dimanche soir, elle a appelé à faire l’union entre les trois listes de gauche pour battre la droite. « Nous appelons solennellement Johanna Rolland à répondre à notre proposition d’union sans plus attendre« , fait-elle savoir par le biais d’un communiqué. Mais finalement, la maire de Nantes a choisi de tenir la candidate à l’écart et de s’allier uniquement avec LFI.
