48,7 millions d’électeurs et électrices étaient appelés ce dimanche 15 mars à choisir leurs maires et conseillers municipaux dans 34 994 communes, pour environ 900 000 candidats et candidates. L’essentiel des communes (93%), qui n’avaient qu’une ou deux listes à départager, ont connu leur maire dès ce dimanche soir. Et le panorama du second tour, dimanche prochain, apparaît touffu, marqué par quantité d’équations à variables multiples, très serrées ou imprévisibles, les discussions et alliances pouvant s’avérer cruciales.
Publicité
L’érosion de la participation s’est dans le même temps poursuivi, pour une élection qui traditionnellement intéresse les Français. Les différents instituts de sondage tablent sur une participation entre 56% et 58,5%, contre 63,55% en 2014, dans la continuité d’une baisse observée depuis plus de quarante ans, particulièrement chez les jeunes et dans les quartiers populaires. La guerre au Moyen-Orient a peut-être aussi éclipsé la fin de la campagne et les enjeux de ces municipales. Sans oublier les conséquences de la disparition du panachage, qui existait dans les petites communes de moins de 1 000 habitants et permettait de rayer un nom de la liste ou d’en ajouter un.
Les résultats
À Paris, le candidat PS-Écologistes Emmanuel Grégoire pointe largement en tête (36,5 %) devant Rachida Dati (24,9 %, Les Républicains). Sophia Chikirou (13,7 %, LFI) et Pierre-Yves Bournazel (11,8 %, Horizons) étant qualifiés, selon une estimation Ipsos BVA Cesi.
Le Parti socialiste arrivant aussi largement en tête à Rennes, Strasbourg et Montpellier.
À Lyon, le sortant écologiste Grégory Doucet et Jean-Michel Aulas apparaissent au coude-à-coude à 37,5 % (estimation Ifop-Fiducial). La perspective d’une très grande ville que pourraient conserver les écologistes. Tout comme Bordeaux, où le maire sortant, l’écologiste Pierre Hurmic, devance de justesse le macroniste Thomas Cazenave.
Au coude-à-coude aussi à Marseille : le maire sortant de gauche Benoît Payan et le candidat du Rassemblement national Franck Allisio.
Quand à Nice, le duel entre le sortant Christian Estrosi et l’UDR Eric Ciotti, allié du RN, tourne à l’avantage du second, avec une dizaine de points d’avance.
Au Havre, l’ancien Premier ministre et président du parti centriste Horizons Édouard Philippe apparaît largement en tête, autour de 43 %, devant le candidat PCF Jean-Paul Lecoq, autour de 33%, et celui de l’UDR et du RN Franck Keller, autour de 15 %, selon des résultats provisoires.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la victoire de la liste dans laquelle il figure en 3ᵉ position, à Vernon (Eure).
Pour le Rassemblement national, Louis Aliot est réélu à Perpignan dès le 1ᵉʳ tour, avec 51,4 % des voix (estimations Ipsos BVA CESI École d’ingénieurs). C’est la plus grande ville de France dirigée par le RN. Alors qu’à Toulon, selon Elabe, la députée RN Laure Lavalette, qui s’est présentée sans étiquette, est largement en tête devant la maire sortante Josée Massi (divers droite), avec environ 40 % des voix, mais avec peu de réserves pour le second tour. La victoire de Yann Traiteur, étudiant en sciences politiques et membre du Rassemblement national de la jeunesse, à Nomexy (Vosges), commune de 1 900 habitants proche d’Épinal, a marqué la première victoire du RN dans les Vosges. Et David Rachline, ancien poids lourd du Rassemblement national handicapé par une série d’affaires judiciaires, a annoncé avoir été réélu à Fréjus (Var) pour un troisième mandat avec 51,33 % des voix.
L’ex-ministre socialiste des Outre-mer Ericka Bareigts a pour sa part annoncé sa réélection à Saint-Denis, le chef-lieu de La Réunion. En Nouvelle-Calédonie, les Loyalistes, branche dure des non-indépendantistes, devancent largement leurs concurrents plus modérés à Nouméa, tandis que l’Union nationale pour l’indépendance (UNI) est en net recul face au FLNKS.
Le successeur de Martine Aubry à la mairie de Lille, Arnaud Deslandes (PS), est donné dans un mouchoir de poche avec sa concurrente LFI Lahouaria Addouche, selon des estimations, ce qui place les Écologistes en position d’arbitre.
À Roubaix (Nord), l’Insoumis David Guiraud arrive très largement en tête (46,5 %) pour ce qui est considéré comme l’une des principales chances de victoire pour LFI, selon une estimation Ifop-Fiducial pour TF1-LCI et Sud Radio. Il distancerait largement la liste du maire sortant divers droite Alexandre Garcin (20,3 %). Quand LFI ravit au PS Saint-Denis, deuxième ville d’Ile-de-France, dès le premier tour, grâce à Bally Bagayoko, allié au Parti communiste.
À Toulouse, le candidat LFI François Piquemal est arrivé en deuxième position contrairement aux prévisions, devant le socialiste François Briançon. Le sortant divers droite Jean-Luc Moudenc figurant largement en tête.
À écouter
Municipales 2026, 1er tour : La France insoumise crée la surprise, notamment à Lille
L’Info de France Culture
Le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel, a annoncé sa victoire dès le premier tour à Saint-Amand-les-Eaux (Nord), ville communiste depuis trente ans, et qu’il dirige depuis un an.
À Besançon, la droite menée par Ludovic Fagaut est en mesure de remporter la ville, sauf si la maire sortante écologiste Anne Vignot accepte de s’allier avec LFI.
Le candidat LR Julien Bony a créé la surprise à Clermont-Ferrand en arrivant en tête dans ce bastion socialiste depuis la Libération.
Jean-François Copé, maire sortant LR de Meaux (Seine-et-Marne), revendique lui 63,45 % des suffrages exprimés. Soit la sixième victoire consécutive au premier tour pour l’ancien patron de la droite française depuis sa première élection à Meaux en 1995.
À écouter
Les réactions et les consignes pour le second tour
Le président du RN, Jordan Bardella, a assuré que « partout où le contexte local le permet » le parti à la flamme « tend la main aux listes de droite sincères, aux listes indépendantes et à tous ceux qui refusent à la fois le désordre de l’extrême gauche et la dilution dans le macronisme« .
Le patron de LR Bruno Retailleau a appelé à « un grand rassemblement de la droite » pour faire gagner ses candidats au second tour « contre la gauche ou contre le RN » et à éviter « la diversion et la dispersion« .
Le coordinateur national de LFI et député de Marseille Manuel Bompard a peu de temps après déclaré : « Nous tendons la main aux autres listes pour permettre partout où la droite et l’extrême droite menacent la constitution d’un front antifasciste » au second tour.
« Au premier comme au second tour, il n’y aura pas d’accord national entre LFI et le PS« , a assuré Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste.
La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a pour sa part appelé à « éliminer la droite et l’extrême droite » au second tour.
À écouter
Municipales : les partis ont-ils disparu ?
Le Billet politique

Bulletin, isoloir, urne
Prise au bureau n°26 à Equeurdreville-Hainneville © Radio France – Sarah Saltiel-ragot
Avec AFP




