« On peut parler d’une “touristification” du marché immobilier » : une experte de l’Université Côte d’Azur décrypte la crise du logement sur le littoral

Mar 13, 2026 | Non classé

Maîtresse de conférences en géographie à l’IAE de Nice et à l’Université Côte d’Azur, Sylvie Christofle, spécialiste du tourisme, analyse les mutations du marché du logement sur le territoire.

Comment définiriez-vous l’impact du tourisme sur le logement ?

On peut parler d’une « touristification» du marché immobilier, où des logements résidentiels sont progressivement convertis en usages touristiques, créant une pression sur l’offre locative pour les actifs. Ce phénomène, bien qu’ancien, a été multiplié par la «plateformisation» de l’hébergement qui facilite la mise en location de courte durée.

Le sentiment de « désertification », est-ce une réalité ?

Le terme de «désertification» est souvent excessif car il relève plutôt d’un sentiment. Nous observons techniquement une intermittence urbaine liée au paradoxe saisonnier. Ce phénomène varie fortement selon la diversification économique du lieu : plus une ville est petite et spécialisée dans le tourisme, plus le vide hivernal est marqué, tandis que les villes avec une population pérenne stable conservent leur vitalité.

Quel est l’objectif des communes qui augmente la pression fiscale sur les enjeux liés au logement ?

La taxation, telle que sur la résidence secondaire, est censée permettre de financer un «salaire urbain». Celui-ci devrait être injecté dans des politiques de logement local et maintenir des services et animations de qualité dont profitent les résidents à l’année. Cela vient faire de la «suractivité» saisonnière un levier de développement pérenne pour les actifs locaux.