Nous sommes rue Chef-de-Baie, entre Port-Neuf et Chef-de-Baie, en face de l’usine Solvay (naguère Rhône-Poulenc, puis Rhodia). Le mercredi 11 mars, à l’extrémité d’un chemin boueux, un groupe s’active sur un large périmètre jonché de copeaux de bois : des salariés de Solvay, des bénévoles et des intervenants de la Coopérative Carbone, une entreprise de l’économie sociale et solidaire spécialisée dans la mise en œuvre de projets zéro émission (de carbone). Il s’agit de planter 1 200 arbres dans l’après-midi, « du chêne vert, de l’ajonc, du tamaris, de l’aubépine, de l’arbousier et du nerprun alaterne », énumère Gaëlle Zimmer, chargée des projets de végétalisation à la Coopérative Carbone. Autant d’espèces résilientes face aux évolutions du climat, peu gourmandes en eau.

XAVIER LÉOTY / SO
La Coopérative Carbone se targue d’un vrai savoir-faire sur le registre. C’est grâce à son expertise que des micro-forêts abritant des milliers d’arbres ont surgi à Saint-Vivien, à Dompierre-sur-Mer ou encore à Aytré, dans le quartier Bongraine. Cette fois-ci, le partenaire est une entreprise privée. Un industriel qui œuvre dans un secteur, les terres rares, réputé aussi polluant chez les concurrents chinois qu’indispensable à la souveraineté européenne.
Dans le cadre de sa « politique biodiversité », Solvay a pris la décision de restaurer celle-ci sur les six hectares de la parcelle, inutilisée et destinée à le rester. « Dans l’enceinte du site industriel, nous avons déjà 80 moutons qui assurent l’entretien des espaces entre les bâtiments. C’est plus vertueux qu’une tonte mécanique », indique Cyril Massin, chef de projet chez Solvay.

XAVIER LÉOTY / SO
Outre la plantation de la micro-forêt, Solvay procède à l’élimination des plantes invasives sur le site. Elle y construit aussi des « hibernaculums », des abris hivernaux pour la petite faune – les reptiles par exemple. Également au programme, des nichoirs pour les oiseaux et les chauves-souris, afin que le vivant reprenne ses droits sur cet espace à l’interface d’une zone industrielle et d’une bande littorale composée de bois et de prairies, à courte distance de la tour Carrée, la redoute de Chef-de-Baie bâtie au début du XVIIIe siècle.

