Charente-Maritime : le coup de gueule d’une para-athlète contre les incivilités « quotidiennes » envers les handicapés

Mar 12, 2026 | Royan

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Charente-Maritime : malgré son handicap, elle ne se donne aucune limite

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Véronique Prouteau, maman de quatre enfants, para-athlète multisports, vise toujours l’étape d’après : elle est inscrite au « Marathon pour tous, Paris 2024 »

« La gare de Châtelaillon est compliquée, raconte-t-elle. Elle n’est pas adaptée aux personnes en situation de handicap. Aucune assistance n’est présente, et pour descendre, il y a une marche. » Raison pour laquelle Véronique Prouteau prend toujours les devants. « À quelques minutes de l’arrivée à Châtelaillon, j’ai déplacé mon fauteuil roulant pour me positionner devant la porte de sortie. Je sais qu’il faut que j’anticipe pour avoir le temps de descendre. Ça ne se fait pas en trois secondes. Dans le couloir, toutes les personnes se sont décalées pour me laisser passer, sauf une. Un homme m’a volontairement bloqué le passage. » D’après elle, l’individu n’a jamais expliqué pourquoi. « Il ne voulait pas que je passe, c’est tout. »

Une plainte déposée

« Je lui ai demandé de se pousser », poursuit-elle. Le ton est vivement monté quand l’homme lui aurait dit « Ta gueule ». Véronique Prouteau a tout noté dans un carnet pour ne pas oublier les mots exacts prononcés, utiles pour son dépôt de plainte. « Devant témoins et devant le contrôleur, il m’a sorti : « Tu vas descendre oui, je vais te pousser, tu vas voir. » J’ai appelé la gendarmerie. »

« Tu vas descendre oui, je vais te pousser, tu vas voir »

Le TER est resté bloqué en gare le temps de l’intervention des forces de l’ordre, venues pour calmer les esprits. « Les passagers râlaient parce que le train ne repartait pas, poursuit la Châtelaillonnaise. J’avais l’impression que ce qui venait de se passer ne choquait absolument personne. » Une plainte a été déposée pour menaces sur personne vulnérable.

Des bagages aux places handicapées

Cet incident ne serait pas isolé. « Les personnes handicapées sont de plus en plus la cible d’incivilités quotidiennes. Je me fais rabrouer quand je circule sur le trottoir parce que ça gène les piétons, et par les cyclistes, si je me décale sur la piste cyclable. Dans le train, les emplacements handicapés sont tout le temps encombrés par des bagages, des trottinettes. C’est dangereux pour nous. Une fois, une valise est tombée à trois centimètres de ma jambe. Ces places sont importantes, elles nous permettent de braquer pour sortir. Dans le couloir, on est prisonnier. »