Cinéma : Éric Toledano face aux lecteurs de « Sud Ouest » pour son nouveau film « Juste une illusion »

Mar 7, 2026 | Royan

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Ils dévoilent leur nouveau film « Juste une illusion » (les plus aguerris y reconnaîtront la référence à Jean-louis Aubert), qui sortira le 15 avril prochain au cinéma, avec notamment Camille Cottin, Louis Garrel, Pierre Lottin ou encore Simon Boublil. Éric Toledano était présent pour la diffusion de l’avant-première ce jeudi 5 mars au Mega CGR des Minimes à La Rochelle et en a profité pour échanger avec quatre lecteurs de « Sud Ouest », au cours d’une rencontre intimiste.

En préambule, Soizic (54 ans) a préparé un petit cadeau pour le réalisateur : une cassette ! « Avec mes amis, on copiait beaucoup, celle-ci est un peu rock je crois », raconte-t-elle en écho à plusieurs scènes du film dont l’intrigue se déroule au sein d’une famille typique des années 1980. De quoi s’attarder sur toutes les références présentes dans le long-métrage et sur le travail pharaonique des techniciens, documentalistes, costumiers, coiffeurs, maquilleurs…

Les années 1980 en splendeur

Loin d’être un simple « décor » de film, l’ambiance des années 1980 est bien le cœur du sujet traité par Olivier Nakache et Éric Toledano. « Il faut rendre extraordinaires les choses qui étaient ordinaires, explique le réalisateur. C’est une photo d’une époque, où toutes les choses que l’on a connues ont disparu, ont été éphémères comme notre passage sur Terre. » Un sentiment que Soizic comprend bien : « Mais pour moi, ce n’est pas de la nostalgie mais du souvenir, c’est agréable de se remémorer ça, il n’y a pas de notion de souffrance. »

Une époque où « ce n’était pas mieux avant », veut prévenir Éric Toledano, faisant référence aux problématiques préoccupantes de l’époque (sexisme, racisme, Sida ou encore chômage de masse) qu’il aborde à plusieurs reprises dans « Juste une illusion ». Pour respecter les années 1980 comme il se doit, la musique est omniprésente dans le film, comme dans les précédents – on se souvient notamment de la scène où Omar Sy danse sur « Earth, Wind and Fire » dans « Intouchables » – ce qui interroge Édouard-Jean (46 ans) : « Comment vous pensez la musique en fonction de vos films ? Comment vous imbriquez les deux éléments ? »

Celui qui avoue être « l’angoissé du duo » assure effectivement que l’un ne va pas sans l’autre. En témoigne la scène où Vincent, âgé de 13 ans, parvient à emballer la fille de ses rêves. Un baiser qui semble durer des heures, sur « I’m Not in Love » de 10cc. De même pour cette danse enivrante dans laquelle Camille Cottin (la mère de famille) embarque son mari (interprété par Louis Garrel) sur « I’m So Excited », de The Pointer Sisters. « Cette scène c’est un peu le tournant du film, quand la mère se libère, accède à un poste de cadre », traduit le réalisateur.

Un style bien à eux

Hugo (27 ans) souligne quant à lui le soin apporté aux détails dans le film, et même dès le début, « où les logos des sociétés de production et de distribution sont ceux de l’époque », mais se demande surtout comment le duo Toledano-Nakache fait pour « avoir son propre style cinématographique » ? « C’est comme notre ADN, assure le premier. Nos deux caractères mélangés, ça donne cette écriture-là. Et ce qu’on gagne vraiment, une fois qu’on a fait 20 millions d’entrées avec « Intouchables », c’est la liberté. »