À moins de trois semaines du premier tour des élections municipales, Rachida Dati a annoncé ce mercredi 25 février sa démission du ministère de la Culture. La maire du 7ᵉ arrondissement se concentre désormais sur sa campagne pour la mairie de Paris.
La fin d’un faux suspens. Alors que cela fait plusieurs mois qu’elle est candidate à la mairie de Paris tout en conservant son poste de ministre de la Culture, Rachida Dati a finalement annoncé ce mercredi 25 février démissionner du gouvernement pour se concentrer sur l’élection municipale, à moins de trois semaines du premier tour. La date de ce départ de Rachida Dati a été repoussée par cette dernière, alors que la campagne bat son plein dans la capitale.
« Paris est pour moi l’engagement d’une vie. J’ai l’énergie, la détermination et la volonté nécessaires pour transformer la ville et relever les défis qui l’attendent », a-t-elle affirmé dans un communiqué envoyé dans la soirée. Au moment de son annonce, la candidate LR à la mairie de Paris a répondu au même moment aux questions de BFMTV, déclarant que « les semaines qui vont venir vont être décisives pour Paris et ma candidature », martelant : « Le combat de ma vie, c’est Paris. »
La longévité de la ministre au gouvernement ces dernières années est à noter. Cette dernière a été nommée rue de Valois au début de l’année 2024, lorsque Gabriel Attal a été nommé Premier ministre. Celle qui a été garde des Sceaux de 2007 à 2009 est l’une des rares à avoir survécu à tous les remaniements depuis janvier 2024, ceci malgré des poursuites pour corruption dont elle répondra au tribunal à l’automne. « Le chef de l’État l’a remerciée pour l’action utile qu’elle a déployée au service des Français ces deux dernières années et lui a adressé tous ses encouragements dans le combat qu’elle mène », a fait savoir l’Élysée dans un communiqué.
« Enfin », selon ses opposants
Dans l’arène parisienne, à quelques semaines seulement du premier tour des élections municipales, les adversaires de Rachida Dati ont réagi à cette annonce, après l’avoir critiquée pour sa double casquette. « Enfin », a commenté son principal adversaire, le socialiste Emmanuel Grégoire, auprès de l’AFP. Dans un message publié sur son compte X, l’écologiste David Belliard, qui fait campagne aux côtés d’Emmanuel Grégoire, a déclaré : « Enfin ! Rachida Dati aura été une ministre sans bilan et sans action pour la culture. 2 ans de vide, de flou, et de budgets en baisse. Son seul intérêt pour ce ministère : préparer sa campagne. » « Maintenant qu’elle n’est plus ministre, j’espère qu’elle a du temps libre pour accepter les débats télévisés ! », a ironisé la candidate LFI Sophia Chikirou, auprès de l’AFP.
Dans la campagne parisienne, Rachida Dati est soutenue par LR et le MoDem. Les dernières enquêtes d’opinion la créditent pour le moment de 30 % des voix au premier tour des municipales le 15 mars, en hausse de deux points. Selon le sondage Ifop-Fiducial pour l’Opinion et Sud Radio, elle se trouve donc en seconde position, derrière le candidat de la gauche unie hors LFI Emmanuel Grégoire (32 %).
Le discours du « vote utile »
Selon cette étude d’opinion, la candidate de droite l’emporterait au second tour dans quatre des cinq configurations étudiées, mais les scores restent très serrés. Son camp réitère les appels au « vote utile » pour battre la gauche, ce qui ressemble à une forme d’appel du pied aux électeurs de Pierre-Yves Bournazel, soutenu par Renaissance, ou encore à ceux des candidats d’extrême droite Sarah Knafo et Thierry Mariani. Pour Paris, Rachida Dati envisage de doubler les effectifs de police municipale à 5 000 agents, ainsi que de les doter d’armes à feu, de geler la production de logements sociaux via la préemption pour investir massivement dans la rénovation des HLM existants ou encore de revenir à la semaine de quatre jours à l’école.
Celle qui est désormais ex-ministre a mené ces derniers mois une campagne active sur les réseaux sociaux, mettant en scène des rencontres de terrain et s’affichant par exemple avec un manteau fluo sur le dos aux côtés d’éboueurs pour illustrer ses propositions en faveur de la propreté de la capitale.
Concernant son bilan rue de Valois, Rachida Dati a souhaité mettre en avant ce mercredi 25 février la préservation du patrimoine et l’accès à la culture en territoire rural. Celle qui a été ministre pendant deux ans assure aussi avoir réussi à limiter la casse dans la culture, alors même que les crédits de son ministère accusent cette année une baisse de 173,4 millions sur 3,7 milliards d’euros de budget (hors audiovisuel). Ses opposants pointent eux des baisses de crédits à la création, le gel de la part collective du pass Culture ou encore des financements rabotés qui affaiblissent l’emploi dans le spectacle vivant subventionné. Juste avant elle, c’est la présidente du Louvre qui a démissionné, quatre mois après un cambriolage qui a aussi entaché le bilan de Rachida Dati au ministère de la Culture.
