Par Marine Allain – marine.larochelle@sudouest.fr
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À l’approche du premier tour des élections municipales, « Sud Ouest » vous propose de découvrir trois mesures du programme de chaque candidat à La Rochelle. Antoine Colin, à la tête de la liste Lutte ouvrière – Le camp des travailleurs, s’est prêté à l’exercice
Les 15 et 22 mars prochains, les Rochelais sont appelés aux urnes pour élire le prochain conseil municipal de la cité maritime. Huit candidats ont présenté une liste : Christophe Batcabe (centre droit), Véronique Bonnet (La France insoumise), Antoine Colin (Lutte ouvrière), Jaouad El Marbouh (liste dite « citoyenne »), Olivier Falorni (Les Démocrates), Maryline Simoné (Union PS-PCF-Écologistes et le collectif Assemblée Citoyenne), Séverine Werbrouck (Rassemblement national) ainsi que Thibaut Guiraud (centre gauche), le maire sortant. Ils ont tous été invités par « Sud Ouest » à présenter en vidéo les trois mesures phares de leur programme. Ordre alphabétique oblige, ce troisième volet est consacré à Antoine Colin.
À 54 ans, Antoine Colin est enseignant-chercheur à l’université de La Rochelle depuis une trentaine d’années. Soit presque autant que son engagement politique : après avoir fait son lycée en Normandie, c’est à Paris que le militant se construit politiquement, pendant ses études. « À la base, j’avais surtout des convictions antiracistes, et puis je me suis intéressé à ces racines : sociales, politiques… », décrit-il. Le jeune homme fait son service militaire en pleine guerre du Golfe : de quoi le dégoûter une bonne fois pour toutes de la chose militaire, et de « l’impérialisme américain ».

XAVIER LEOTY / SO
Habitant Villeneuve-les-Salines, l’enseignant-chercheur reconnaît que La Rochelle est « une ville agréable… mais pas pour tout le monde », songeant aux plus modestes. S’il reconnaît volontiers que le programme de Lutte ouvrière est surtout pensé pour un changement de système global – moyennant une « grande révolution » – le candidat y voit un lien avec les enjeux locaux : « Les problèmes locaux découlent souvent de la crise du capitalisme… Quand on voit la situation de NEEL Trimarans ou de Colibri… »
Outre ses idéaux à l’échelle nationale, Antoine Colin imagine des applications concrètes sur le terrain municipal. « Nous pourrions par exemple utiliser le budget de la Ville pour construire davantage de logements pour les travailleurs ou une quatrième piscine, plutôt que de dépenser des millions dans l’agrandissement du port de plaisance par exemple », explique-t-il en ayant toujours en travers de la gorge les 25 millions d’euros dépensés par la Ville il y a une dizaine d’années.
Mais pour les trois mesures qu’Antoine Colin estime prioritaires dans son programme, le militant revient à ses fondamentaux avec la défense « des travailleurs » contre le « grand patronat », le rejet « des discriminations » au sens large et le refus de la guerre, qui ne fait qu’exploiter une nouvelle fois selon lui « les enfants des prolétaires et des travailleurs, qu’on envoie en première ligne pour défendre les profits des industriels ».
C’est la quatrième fois qu’Antoine Colin se présente aux élections municipales de La Rochelle (il était aussi candidat en 2008, 2014 et 2020). Une persévérance et un engagement soulignés même par ses adversaires politiques, qui n’hésitent pas à qualifier sa démarche de « courageuse ».


