Mort de Quentin Deranque à Lyon : un collaborateur de la députée RN de la Drôme appelle à manifester

Fév 24, 2026 | Drôme

Vincent Claudin, collaborateur de la députée RN de la Drôme Lisette Pollet, et ami de Quentin Deranque, a appelé à manifester ce samedi à Lyon. Médiapart met en lumière son rôle dans l’organisation de la marche et ses liens passés avec un ancien groupuscule antisémite.

Vincent Claudin, assistant parlementaire de la députée RN de la Drôme Lisette Pollet, a appelé à manifester lors de l’hommage pour Quentin Deranque, militant identitaire lynché à mort par des membres d’un groupuscule d’ultragauche. Toutefois : « Vincent Claudin m’a assuré ne pas avoir été de près ou de loin dans les affrontements qui se sont déroulés le 12 février à Lyon », explique Lisette Pollet, qui communique après l’enquête de Mediapart, faisant référence à la journée de la mort de Quentin Deranque.

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Vincent Claudin a toutefois publié une vidéo de soutien sur le compte officiel de l’organisation. Le Rassemblement National, par la voix de son président Jordan Bardella, a pourtant appelé les membres du parti à ne pas se mêler aux hommages de ce samedi, notamment pour ne pas être affiliés à l’ultradroite.

Le collaborateur dit être un ami de l’étudiant tué, et il est apparu dans plusieurs médias pour lui rendre hommage sous son seul prénom. Ce sont nos confrères de Médiapart qui mettent en lumière son appartenance au Rassemblement National, ainsi que ses liens passés avec le groupuscule antisémite Lyon Populaire, aujourd’hui dissous. Des liens que Vincent Claudin n’aurait pas cachés à Lisette Pollet, qui apporte des explications.

« Un engagement de jeunesse »

Contactée par ICI Drôme Ardèche, Lisette Pollet explique avoir « vérifié qu’il ne faisait partie d’aucun groupe militant, ce qui était le cas. Il a bien fait partie du groupe Lyon Populaire ; il en a été exclu en juin 2024, après plusieurs mois au monastère puis sur les routes de Saint-Jacques-de-Compostelle, suite à un refus de cautionner l’événement de novembre 2023 (auquel il n’avait pas du tout participé). » La députée fait référence à l’attaque de la maison des Passages, une action violente de l’ultradroite à Lyon visant un local associatif qui abritait une conférence propalestinienne. Trois personnes avaient été blessées à coups de barres de fer.

Des liens passés qui n’entachent en rien le travail actuel de Vincent Claudin, poursuit Lisette Pollet :  » depuis son recrutement, il suit scrupuleusement la ligne politique fixée par le groupe. S’il s’avérait qu’il m’a caché des éléments problématiques sur cet engagement de jeunesse, je ne poursuivrai très probablement pas son contrat. Enfin, il m’a assuré ne pas avoir été de près ou de loin dans les affrontements qui se sont déroulés le 12 février à Lyon (journée de travail à la permanence, « preuves à l’appui »). »

Que dit le Rassemblement National ?

Si Vincent Claudin tient à rendre hommage à son ami tué par l’ultragauche, son appel à manifester et sa participation à l’hommage, annoncée sur l’antenne de France 2, semblent être contraires aux consignes du Rassemblement National. Dans un message écrit  ce vendredi 20 janvier par Jordan Bardella, le président du RN, la recommandation est claire. Ne pas se rendre sur ces manifestations, ni à Lyon ni ailleurs, et ne pas y associer le Rassemblement National d’une quelconque façon. La règle vaut aussi pour tous les élus, tous les candidats. Ceci pour des raisons de sécurité, et parce que « Nous refusons, écrit Jordan Bardella, d’y côtoyer l’ultra-droite ». Des consignes distribuées après les différentes prises de parole de Vincent Claudin.

La manifestation lyonnaise doit démarrer à 15h ce samedi. Entre 2000 et 3000 personnes y sont attendues, et un important dispositif policier de sécurité est mis en place par la préfecture du Rhône.