
Anne Lacaud / SO
Sur la partie la plus proche du fleuve, beaucoup ont baissé le rideau. Devant le pub Le Saintais, un agent de l’Agglomération entasse des sacs de sable devant un batardeau de fortune. Pour l’instant, avec les pompes qui extraient l’eau, ça tient. Les vaguelettes soulevées par une voiture qui force le passage menacent l’édifice.

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En face, au Rive Droite, Farid Menhouk montre son arrière-cuisine qui baigne dans une eau venue du sous-sol. « On ne peut être que spectateur et attendre que ça s’arrête. Ca commence à être dur pour le moral. Je suis là depuis onze ans. Les autres crues étaient gérables, mais là… », soupire le gérant.

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Longue fermeture
Ce vendredi, il est passé de 90 à 15 couverts. « On est surtout ouvert pour les bénévoles, les sinistrés… On sait que pendant une semaine au moins, on va être à l’arrêt. Je vais peut-être fermer. » Le patron se reprend vite. « On a fait le Covid, on ne va pas baisser les bras ! On est des entrepreneurs… On essaie d’aller de l’avant. Je pense surtout à ceux qui sont plus touchés, comme le restaurant Le Parvis. » Une cagnotte Litchi a été lancée pour aider l’établissement situé au creux du quai de l’Yser, rive droite, qui prend à chaque fois la marée.

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Le mot de « solidarité » revient dans toutes les bouches. Chez Romain Moreau, qui garde le cap de Pizza Presto. « On le fait pour les gens autour. » Chez Sandrine, qui tient le bar-tabac Le Marigny, rue Saint-Pallais, cernée par les flots. « Rester ouvert, c’est important. Moi, j’ai mis 38 minutes à venir, au lieu de 8 minutes. » Les accès sont restreints mais elle goûte surtout sa chance d’avoir les pieds au sec.

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Chez Bulle, tout un groupe de commerçants est venu donner un coup de main pour relever le comptoir qui a les pieds dans l’eau. Le magasin de vêtements de l’avenue Gambetta est toujours le premier touché. « Je suis là depuis 2014. Les autres fois, ça s’arrêtait dans la réserve. Là, c’est la catastrophe. Le parquet est sous l’eau, il va tout falloir refaire. Je vais être fermée pour un moment… »

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La marchandise est sauvée, mais l’argent ne rentrera pas. « Les charges, elles continuent. Je vais avoir pour 50 000 euros de commande qui vont rentrer… » « On sera là pour vous accompagner. On se mobilise avec l’Agglomération, la Chambre de commerce et la Chambre de métiers et de l’artisanat », vient la rassurer Jean-Luc Cauquil, le directeur de l’agence d’attractivité. Alors que l’inondation continue à gagner du terrain à Saintes, les équipes font le tour des commerçants sinistrés pour préparer l’après.

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« Le fantôme après la crue »
« On commence à travailler avec la Région. On va essayer de compenser les pertes de chiffre d’affaires en plus de ce que rembourseront les assurances », indique le président de l’Agglomération, Bruno Drapron. Mais comment évaluer très concrètement le sinistre ? « En décembre 2023, on avait une grosse chute de chiffre d’affaires. Beaucoup de gens étaient allés dans d’autres villes, ou sur internet. Il y a eu le fantôme après la crue », image Matthieu Pidou, gérant de la bijouterie Julien d’Orcel.

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J’espère que les clients vont revenir en centre-ville. Il ne faut pas qu’ils oublient les commerçants qui ont subi un dommage important
Lui est basé sur l’autre rive, cours National-Michel-Baron, en partie fermé à la circulation par ricochet. Les magasins n’y sont pas sinistrés mais leur chiffre d’affaires plonge, et ce n’est pas quantifiable. « Avant ça, on a eu la neige, qui nous a fait perdre deux jours juste avant les soldes. Ca commençait juste à rebouger. Cela coupe le business. Les gens prennent d’autres habitudes », observe son collègue Jean-François Gillet, des Meubles Gallay.

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