Une exposition révèle comment vivaient les aristocrates français à l’époque des « Bridgerton »

Fév 21, 2026 | Paris

L’essentiel

  • Jusqu’au 5 juillet 2026, l’exposition « Une journée au XVIIIe siècle – Chronique d’un hôtel particulier » plonge les visiteurs dans le quotidien de l’aristocratie parisienne en 1780.
  • Meubles, costumes, objets… mis en scène comme dans des décors de cinéma, dépoussièrent l’image que l’on peut avoir, souvent à tort, de cette époque prérévolutionnaire.
  • Plus encore, ce sont les modes de vie de « la haute » d’alors qui sont décryptés.

Deux époques épiques. Alors que Netflix ressort de la naphtaline ses redingotes et robes en mousseline pour habiller les héros de sa série star La chronique des Bridgerton (dont la 4e saison est en cours de diffusion), Le Musée des Arts Décoratifs à Paris invite lui aussi le public à se plonger dans un récit aux costumes et aux décors hauts en couleurs. Jusqu’au 5 juillet 2026, l’exposition Une journée au XVIIIe siècle – Chronique d’un hôtel particulier* propose un voyage dans un temps pas si éloigné de celui où vécut Lady Dandury. 20 Minutes l’a visitée.

Le Musée des Arts Décoratifs à Paris expose plus de 550 pièces (costumes, meubles, accessoires...) du XVIIIe.
Le Musée des Arts Décoratifs à Paris expose plus de 550 pièces (costumes, meubles, accessoires…) du XVIIIe. - Christophe Séfrin/20 Minutes

Plus de 550 pièces exposées

Quelques années seulement séparent les événements fictifs de la série La chronique des Bridgerton diffusée sur Netflix, de l’époque bien réelle décrite par la magnifique exposition Une journée au XVIIIe siècle – Chronique d’un hôtel particulier qui a ouvert ses portes le 18 février au Musée des Arts Décoratifs de Paris. Chronologiquement, celle-ci se concentre sur la toute fin du XVIIIe siècle, en France, alors que les Bridgerton évoluent au tout début du XIXe siècle, outre Manche. Mais on peut imaginer que les similitudes entre les plus de 550 pièces exposées (costumes, meubles, accessoires… issus des collections du musée) et celles côtoyées dans la série romantique de Shonda Rhimes sont nombreuses. De quoi, dans doute, convertir à une visite de l’expo les fans de la saga adaptée des romans de Julia Quinn !

Comme dans un décor de cinéma

Mais ce qui frappe aussi dès le l’on pousse la porte de l’hôtel particulier du XVIIIe reconstitué au Musée des Arts Décoratifs, c’est la capacité immédiate de l’expo Une journée au XVIIIe siècle… à immerger le visiteur dans son récit. Son modernisme. Que l’on se rassure : pas de vitrines derrière lesquelles viendraient s’empiler les objets poussiéreux d’une époque révolue. Celle d’une France sous Louis XVI, moins de dix ans avant le couperet de la Révolution.

À l'exposition «Une journée au XVIIIe siècle - Chronique d’un hôtel particulier», le public évolue comme dans un décor de cinéma.
À l’exposition «Une journée au XVIIIe siècle – Chronique d’un hôtel particulier», le public évolue comme dans un décor de cinéma. - Christophe Séfrin/20 Minutes

Au contraire, derrière des tulles protecteurs aux mailles si fines qu’on ne les distingue pas, les pièces proposées au regard se dévoilent comme si l’on déambulait dans un décor de cinéma ou de série TV. Et la scénographie imaginée par l’agence FREAKS architecture réveille par son agencement, sa mise en scène anticonformiste, sa mise en lumière, de véritables trésors.

« C’est le plaisir de vivre »

L’idée fut donc ci de récréer, pièce par pièce, la vie d’une demeure aristocratique du XVIIIe, au fil d’une journée découpée en trois parties : matin, après-dîner et soir. « Qui n’a pas vécu dans les années voisines de 1789 ne sait pas ce que c’est que le plaisir de vivre » aurait jadis confié Talleyrand, évoquant précisément la période de luxe (mais aussi d’illusions) recréée par l’expo. On est en plein dedans.

De la cour intérieure où la chaise à porteur du maître de céans l’attend à tout instant, aux chambres à coucher (monsieur et madame possèdent chacun la leur), en passant le boudoir (objet de tous les fantasmes littéraires !)… les appartements d’apparat reconstitués sont d’un réalisme confondant. L’ambiance sonore et olfactive par Givaudan et le parfumeur Daniela Andrier ajoutent à l’immersion. Ne manquerait plus que des acteurs en costume d’époque entrent en scène pour que l’on ait l’impression d’avoir été téléporté au siècle des Lumières !

L'extraordinaire  tableau mouvant de Joseph Bonnier où soixante personnages s’animaient.
L’extraordinaire tableau mouvant de Joseph Bonnier où soixante personnages s’animaient. - Christophe Séfrin/20 Minutes

Mais par-delà les objets qui éblouissent, ceux qui peuvent fasciner aussi (tel le tableau mouvant de Joseph Bonnier où soixante personnages s’animaient à l’aide d’un mécanisme d’horlogerie)… c’est tout un mode de vie qui s’invite au fil de notre parcours.

Parties de tric-trac, tabac et perruques

C’est celui où, à quelques mètres du petit peuple parisien (650.000 habitants à l’époque) qui vivait souvent dans des gourbis insalubres, on se passionne pour les arts, la science, la philosophie. Où adultes et enfants se parent de perruques faites de cheveux naturels. Où l’on consomme aussi désormais du chocolat, du thé ou du café importés de régions lointaines. Où l’on consomme du tabac tout en jouant au tric-trac (un jeu de la famille du backgammon), à l’hombre et au quadrille (des jeux de cartes alors populaires dans les salons aristocratiques). C’est toute une époque !

Par ici les «Idées de sorties»!

En marge de cette exposition, le Musée des Arts décoratif a programmé d’innombrables animations et atelier dédiés aux familles pour prolonger de façon ludique l’immersion, comme des stages pour revisiter les perruques d’alors, des ateliers pour recréer le mobilier de l’époque dans un livre objet à déplier. Réservation obligatoire ! Reste, à trois étages d’une autre expo incontournable (1925 – 2025, Cent ans d’Art déco), un rendez-vous insolite qui ravira les amoureux d’Histoire et flattera les curieux. Fouette, cocher, c’est à ne pas manquer !

* Jusqu’au 5 juillet 2026 au Musée des Arts décoratifs, 107, rue de Rivoli 75001 Paris. Métro : Palais-Royal, Pyramides ou Tuileries. Bus : 21, 27, 39, 68, 69, 72, 95.